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L’AFD et la biodiversité : Témoignage de Pascal Pacaut

Publié par Objectif Développement , le

Pascal Pacaut, Responsable de la division Environnement et équipement à l’Agence Française de développement (AFD) revient sur la Journée internationale de la Biodiversité qui a eu lieu le 22 mai 2010. L’occasion de présenter l’engagement de l’AFD à travers les de projets de biodiversité qu’elle finance au service du développement.

La biodiversité, une priorité mondiale

KiMoon-Edu 1 Goal.JPG « [...] La diversité de la vie sur Terre continue de s’appauvrir à un rythme sans précédent, et, sous le coup du recul de la biodiversité, les écosystèmes glissent de plus en plus près du point de non-retour à partir duquel ils ne seront plus en mesure de remplir leurs fonctions, dont dépend la vie. [...] Cette nouvelle vision doit promouvoir la protection et l’exploitation durable de la diversité biologique, ainsi que le partage équitable des bienfaits de son exploitation. Elle doit également tenir compte de l’étroitesse des liens qui existent entre notre capital naturel et nos objectifs de développement. »

M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU
Journée internationale de la diversité biologique, 22 mai 2010

La biodiversité recouvre l’ensemble des milieux naturels et des formes de vie (plantes, animaux, champignons, bactéries, virus…) ainsi que toutes les relations et interactions qui existent, d’une part, entre les organismes vivants eux-mêmes, d’autre part, entre ces organismes et leurs milieux de vie[1].

La biodiversité est devenue une priorité pour l’ONU depuis le Sommet de la terre à Rio en 1992, avec la convention mondiale sur la diversité biologique (CDB). Les 3 buts principaux de la CDB sont :

  • La conservation de la diversité biologique
  • L’utilisation durable de ses éléments
  • Le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques

 

La biodiversité et le développement

La Journée Internationale de la Biodiversité s’est tenue le 22 mai 2010 avec pour thème : « La biodiversité pour le développement ». L’enjeu de cette journée était de sensibiliser le public et le monde politique, au niveau national aussi bien qu’international, à l’importance des écosystèmes et de la biodiversité pour le bien-être de l’humanité.

Pascal Pacaut.JPGPascal Pacaut est responsable de la division Environnement et équipement à l’AFD. L’AFD consacre plus de 500 millions d’euros depuis 10 ans à des projets liés au développement durable et à la biodiversité. Ces projets de biodiversité contribuent au développement social et économique des pays du Sud. Il précise que l’Agence va continuer ses efforts, notamment parce qu’il est important de préserver l’environnement pour préserver l’homme :

« [...] nos partenaires eux-mêmes nous interpellent alors qu’ils font de plus en plus l’expérience concrète et amère du coût social et économique de la dégradation de leur « capital naturel », d’une exploitation non-maitrisée de leurs ressources en eau, en sols agricoles, en bois, en poissons, etc. Le lien entre développement et biodiversité, entendue principalement au sens de biens et services rendus par les milieux naturels aux sociétés humaines, apparait ainsi de plus en plus clairement. De nombreux travaux – par exemple le Millenium Ecosystem Assessment ou The Economics of Ecosystems and Biodiversity - le démontrent : nous dépendons tous de notre environnement, mais plus on est pauvre plus la biodiversité est une ressource quotidienne et une assurance-vie, donc plus son érosion nous rend vulnérables ».

De plus, selon Pascal Pacaut, les projets de biodiversité sont des facteurs concrets de développement :

« [...] les projets « biodiversité » ont fait leurs preuves sur le terrain, en créant des synergies entre préservation et développement, là où l’on pensait autrefois qu’il fallait choisir entre protection et exploitation. Nos projets d’aires protégées en sont un exemple. Ils sont moteurs de développement local par la création d’opportunités économiques pour les populations locales. Ils sont aussi vecteurs d’aménagement du territoire et de désenclavement par les infrastructures qu’ils créent. Ils sont enfin générateurs de lien social par l’association de tous à un projet de territoire commun et parfois par la stabilisation de zones de conflits. Il ne s’agit donc pas uniquement de préserver des espèces emblématiques mais surtout de créer des opportunités de développement qui n’existeraient pas sans la biodiversité ».

 

La stratégie de l’AFD pour la biodiversité

Pascal Pacaut pilote l’élaboration d’une stratégie pour la biodiversité à l’AFD. En voici les 3 grandes priorités :

  • Poursuivre les activités de l’AFD dans les projets de biodiversité : « La première (priorité) sera de poursuivre sur le terrain nos efforts auprès des populations locales pour les aider à « épargner » leurs écosystèmes et leurs ressources et ainsi préserver leur capital naturel ».
  • Introduire la biodiversité au sein de l’AFD elle-même : « La deuxième (priorité) sera de mieux intégrer la biodiversité dans tous les métiers de l’AFD, des infrastructures à l’agriculture en passant par le développement urbain, pour limiter l’impact de nos projets sur la biodiversité et saisir les opportunités qu’elle nous offre pour renforcer la durabilité de nos projets (par exemple leur résilience au changement climatique) ».
  • Innover en matière d’économie durable : « Enfin, notre dernière priorité sera de contribuer à l’émergence de nouvelles trajectoires de développement fondées sur des prélèvements maitrisés en ressources biologiques. Pour ceci nous continuerons et étendrons notamment nos travaux sur l’économie de l’environnement, les outils de financement durable de la biodiversité ou encore la connaissance scientifique de la biodiversité ».

 

L’AFD se mobilise en 2010 pour l’année internationale de la biodiversité

2010 est l’année de la réalisation d’objectifs clés fixés aux termes de la Convention sur la diversité biologique (CDB). Elle représente un tournant pour sensibiliser l’opinion et les dirigeants à l’enjeu de développement économique et social lié à la sauvegarde de la biodiversité. La 10è conférence de la Convention sur la diversité biologique à Nagoya (Japon, du 18 au 29 octobre 2010) sera l’occasion d’acter cette prise de conscience, comme l’explique Pascal Pacaud : « Les engagements pris à Nagoya devront être le signal international de cette  prise de conscience et une reconnaissance pour les
nombreuses initiatives déjà en cours localement au nord comme au sud ».

Conférence à laquelle participera l’AFD aux côtés de ses partenaires français, des ONG et des partenaires locaux. Pascal Pacaut précise la position française sur la biodiversité et l’outil qu’elle défend, l’IPBES (Intergovernmental Science-Policy Platform and Biodiversity and Ecosystem) : « La France soutient l’idée d’une plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), qui permettrait à l’instar du GIEC pour le climat de susciter une expertise scientifique internationale unique, crédible, reconnue, pluri-disciplinaire et indépendante dans le domaine de la biodiversité. L’IPBES permettrait aux pays du sud de valoriser et renforcer leur propre expertise scientifique. C’est le type d’outil que l’AFD appelle de ses vœux pour 2010, ayant fait l’expérience concrète dans ses projets et dans son dialogue avec ses partenaires du sud, de l’importance de connaissances fiables et tangibles pour faire avancer la prise en compte de la biodiversité.

« En tant qu’institution de développement, l’AFD entend donc bien prendre part aux débats internationaux en 2010 et après, pour faire de la biodiversité un atout du développement ».

Pour aller plus loin :

  • L’interview complète de Pascal Pacaut sur le site de l’AFD
  • Biodiversité 2010 , le portail français de l’Année internationale de la Biodiversité

 


[1] Source Biodiversité 2010

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