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La France se mobilise pour la biodiversité : témoignage de Julien Calas du FFEM

Publié par Objectif Développement , le

Point d’orgue de l’année internationale de la biodiversité, la dixième Conférence des Parties à la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) s’est tenue du 18 au 29 octobre à Nagoya où un « plan d’action stratégique d’action pour 2020 » a été adopté. A cette occasion, la France a annoncé le doublement de ses financements pour la biodiversité. Julien CALAS, expert spécialiste de la biodiversité au Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), revient sur la protection de la biodiversité et les actions menées.

La France double son aide en faveur de la biodiversité

AFRIQUEDUSUD-Parc-Kruger-Nils-Devernois.jpgLa CDB s’est achevée sur un bilan positif. En effet, les 193 Etats sont parvenus à un accord sur les trois piliers :

  • le partage équitable des ressources génétiques entre pays du Nord et du Sud (adoption du protocole APA)
  • l’adoption d’un « plan stratégique d’action pour 2020 »: diviser par deux la destruction des habitats naturels et en restaurer 15%, définir 17% d’aires terrestres protégées, arrêter la surpêche et protéger 10% des zones marines et côtières.
  • la création d’un mécanisme financier pour y parvenir (IPBES).

© Crédit : Nils Devernois – AFD

« Cet accord réaffirme le besoin fondamental de conserver la nature comme le socle même de notre économie et de notre société. Les gouvernements ont clairement rappelé que la protection de la planète a sa place dans l’agenda politique international et que les pays sont prêts à joindre leurs forces pour sauver la vie sur Terre », remarque Jim Leape, directeur général du WWF-International.

Les Etats ont accepté d’intégrer la biodiversité dans les comptabilités nationales. Ce qui favoriserait à l’avenir une meilleure prise en compte dans les discussions politique et économique. La France, notamment, dans le cadre de sa politique d’aide au développement, va doubler le financement en faveur de la biodiversité d’ici 2012. C’est ce qu’a annoncé Chantal Jouanno, la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie à Nagoya lors de son discours prononcé devant les représentants des 193 pays. Cette aide s’élèverait à plus de 200 millions d’euros. La part de la biodiversité dans l’aide publique au développement atteindra progressivement 10%. « Entre 2011 et 2020, la France consacrera à la biodiversité plus de 4 milliards d’euros via principalement l’aide publique au développement et les instruments innovants. A partir de 2014, les flux financiers pour la biodiversité seront portés à 500 millions d’euros par an », a indiqué la secrétaire d’Etat.

Le FFEM : favoriser la protection de l’environnement mondial

Le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) a fait partie de la délégation française présente à Nagoya. Instrument financier au service de la politique française de coopération et de développement en matière de protection de l’environnement mondial, le FFEM intervient directement dans la préservation de la biodiversité, notamment dans la protection des forêts et la préservation des écosystèmes marins. Il contribue à mettre en œuvre les grandes orientations de la CDB.

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Julien Calas, expert de la biodiversité au FFEM témoigne : « L’un des objectifs fixés par la Convention en 2002 était d’accroître le nombre d’aires protégées pour que 10% de chaque grande écorégion de la planète soient protégés d’ici 2010. Le FFEM a contribué à cette dynamique en engageant 68 M€ et en générant 468 M€ de cofinancements en faveur de la création, de l’aménagement ou de la gestion de 320 aires protégées marines ou terrestres. Un des autres sujets de négociation consiste en la mise en place d’un protocole garantissant l’accès et le partage des avantages liés à la biodiversité (Protocole « APA » ou « ABS » en anglais). Le FFEM contribue aux réflexions dans ce domaine en finançant par exemple des projets de conservation de la biodiversité agricole qui permettent aux populations locales de bénéficier des revenus issus de cette biodiversité. »

© Crédit : AFD

 

 

Afin de préserver la diversité biologique, le FFEM met en œuvre des projets relatifs à :

  • la conservation stricte de la biodiversité : écosystèmes, espèces, races et variétés particulièrement menacés
  • la gestion durable des ressources naturelles
  • la valorisation de la biodiversité pour en faire un atout du développement économique et social.

« Parmi ces projets figurent notamment la conservation et la valorisation de l’agrobiodiversité des variétés de sorgho au Mali ou la conservation de la biodiversité des jardins éthiopiens pour aider les producteurs locaux à maintenir des systèmes de production traditionnels basés sur la diversité des ressources exploitées. »

Julien Calas nous donne sa définition de la biodiversité : « [Elle] reflète le nombre, la variété et la diversité des organismes vivants. Le terme désigne à la fois la diversité au sein des espèces (diversité génétique), entre les espèces (diversité des espèces) et entre les écosystèmes (diversité des écosystèmes). »

 

Retrouvez sur le blog de l’AFD la deuxième partie du témoignage de Julien Calas sur la Convention sur la diversité biologique (CDB) : les enjeux, les moyens, les résultats.

 

Pour aller plus loin :

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