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Changement climatique : le Sommet de Cancun relance la solidarité verte internationale

Publié par Objectif Développement , le

Des mécanismes pour lutter contre le réchauffement climatique : c’est l’accord conclu au Sommet de Cancun. Cette conférence internationale, organisée du 29 novembre au 10 décembre 2010 au Mexique, a permis de rétablir la confiance interétatique et d’amorcer des perspectives novatrices pour l’environnement. Témoignage de Denis Loyer, de l’Agence Française de Développement (AFD), qui a contribué à cet effort climatique.

Sommet de Cancun.JPGLes enjeux de Cancun : atténuer le réchauffement climatique et… les tensions politiques

+4°C ! Tel est le réchauffement le plus élevé  pronostiqué par nombre de scientifiques. Face à cette hypothèse catastrophique, la communauté internationale se doit d’agir de manière univoque et multilatérale. Si le protocole de Kyoto et le Sommet de Copenhague avaient déjà pris acte de l’urgence de la situation, ils s’étaient malheureusement soldés par deux semi-échecs.

Le Sommet de Cancun, avait donc pour but principal de relancer le processus multilatéral de négociation sur le changement climatique. Bilan ? Cet objectif est atteint avec la signature d’un nouvel accord des 193 pays présents, à l’exception de la Bolivie.

© Crédit Photos : AFD

Loin d’être un traité juridique contraignant, cet accord poursuit et rehausse les bases de Copenhague en termes d’engagement de réduction d’émission. L’objectif est de limiter l’augmentation moyenne de la température à 2°C, voire 1,5°C à l’horizon de 2012.

Ces dispositions sont rédigées avec des degrés d’exigence différents entre pays développés et pays en développement. Ceci témoigne d’une volonté d’agir à la fois pour l’atténuation des causes de pollution, tout en prenant en compte l’état d’avancement des diverses économies nationales.

C’est dans cet état d’esprit que le Sommet de Cancun a abouti à 3 principales avancées. Les voici.

Le bilan de Cancun

  • Une nouvelle dynamique internationale

Si le Sommet a permis de rétablir la confiance entre les Etats, c’est notamment grâce au rôle majeur de son hôte, le Mexique. On soulignera ainsi l’engagement de son Ambassadeur Luis Alfonso de Alba dans la préparation de la conférence par de nombreuses  réunions thématiques et rencontres avec tous les pays. De même, fait notable, les pays émergents s’imposent de plus en plus dans cette négociation, à la fois en force de blocage mais aussi en capacité de proposition comme celle de l’Inde sur l’ICA (International Consultations and Analysis – un panel d’experts internationaux).

  • La décision REDD+ : la lutte contre la déforestation

Le REDD+ est un programme de Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des sols. Il prévoit la gestion durable des forêts (2 milliards d’hectares, soit la moitié des forêts du monde). Avec le REDD+, le mécanisme de lutte contre la déforestation est lancé à Cancun avec des principes qui prennent en compte la biodiversité et des populations forestières. « C’est une vision qui cherche à concilier développement économique et préservation de l’environnement », nous explique Denis Loyer. « Le REDD+ inclue toutes les forêts intertropicales (la moitié des forêts du monde), y compris les aires protégées, la gestion durable des forêts d’exploitation et les plantations forestières. L’approche par le carbone stocké dans les forêts met les pays en développement comme des contributeurs actifs à la réduction des émissions (atténuation). Mais au-delà du carbone, ce sont tous les biens et les services qu’elles apportent qui sont concernés : bois de feu, bois d’œuvre, ressources en eau, lien forêts-agriculture, biodiversité, aménagement des bassins versants…»

  • Le Fonds vert

Enfin, l’idée d’un Fonds vert s’est imposée. La création du Fond s vert pour le climat a pour objectif d’ aider les pays pauvres à s’adapter au changement climatique. Il comprend également des mesures pour la protection des forêts tropicales et le partage des technologies vertes. « Les principes retenus pour son  montage devraient permettre d’éviter une gestion directe par la conférence des parties qui aurait conduit à un échec (décider des financements à 194 pays !). La gestion purement financière des ressources sera confiée à la Banque Mondiale comme c’est l’habitude. » L’année 2011 décidera de sa faisabilité opérationnelle…

La contribution de la France et de l’AFD

Plaquette AFD.JPGLa France, représentée par son Ambassadeur de l’environnement, Brice Lalonde, et l’AFD, l’un des premiers bailleurs de fonds au niveau mondial pour le climat, ont su apporter leur expérience tant au niveau de la réflexion que des actions concrètes à venir. Denis Loyer nous cite, entre autres, les exemples suivants :

  • Le REDD+ : «La démarche à suivre par les pays (plan d’action intégré y compris sur l’agriculture, objectif chiffré, niveau de référence…) est celle que l’AFD a soutenue depuis 4 ans dans le FCPF (Forest Carbon Partnership Facility) logé à la Banque Mondiale. L’importance du suivi de l’évolution du couvert forestier est soulignée car la mesure des impacts permettra d’attirer les financements publics puis ceux venant du marché. Le financement par l’AFD de l’accès aux images satellites Spot pour le bassin du Congo apparaît ainsi particulièrement justifié.»
  • Le Fonds vert : «L’AFD, qui a construit sur ce sujet une proposition débattue avec de nombreux interlocuteurs, peut jouer un rôle dans cette faisabilité en apportant son expérience et celle des fonds européens de mixage qui sont très adaptés à ce que devra faire le fonds vert. L’AFD essayera aussi d’associer, dans cette étape de construction du fonds vert, ses partenaires financiers des pays du sud qui devraient être les principaux bénéficiaires du fonds vert
  • La question des transferts de technologies pour lutter contre le changement climatique et s’y adapter.«La ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, Nathalie Kosciusko-Morizet, a ainsi animé de manière remarquable la négociation pour aboutir à un texte équilibré accepté par tous

© Crédit Photos : AFD

En conclusion, le Sommet de Cancun a été plus réaliste avec un engagement plus marqué des pays émergents, un soutien plus appuyé aux pays démunis et une acceptation de la respo
nsabilité historique des pays développés dans le domaine de l’environnement. Par là-même, il en est peut-être plus ambitieux avec la mise en place de nouveaux outils et de plans d’actions à mettre désormais concrètement en œuvre. Par son expérience, l’AFD y a un rôle certain à jouer. A suivre donc…

 

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Une réponse à "Changement climatique : le Sommet de Cancun relance la solidarité verte internationale"

  1. je suis étudiant dans institution de technologie du Cameroun option génie civil titulaire d’un baccalauréat en bâtiment . nous avons mis sur pied une organisation pour le réchauffement climatique et disposons a notre position des pépinières des arbres sélectionnes et nous voulons que vous soutenez dans notre action