Le Mag

L’industrie minière au service du développement et de la lutte contre la pauvreté en Afrique ?

Publié par Objectif Développement , le

Dans quelle mesure le secteur minier peut-il contribuer, sur le long terme, au développement de l’Afrique ? Telle est la question posée par le dernier numéro de la publication Secteur Privé & Développement de Proparco (Institution Financière de Développement, du Groupe Agence Française de Développement) : le secteur minier, un levier de croissance pour l’Afrique ? N’hésitant pas à confronter des points de vue divergents et à revisiter les idées-reçues, la revue n°8 de Proparco présente ici la multiplicité des enjeux, la diversité des acteurs engagés et, au final, la complexité de cette problématique.

 

Mwana Africa.jpgLe paradoxe de l’abondance africaine

Constat : la croissance actuelle du secteur minier en Afrique n’œuvre pas forcément dans le sens du développement du continent. Bien que l’Afrique représente 30% des réserves mondiales de matières premières, elle ne tire pas entièrement profit de cette richesse géologique. Les différents intervenants de ce numéro-débat énoncent ainsi les difficultés rencontrées : déficits en infrastructures, concurrence des autres continents, tensions géopolitiques, manque relatif d’investissements nationaux, dumping fiscal, impacts négatifs de l’exploitation minière tant au niveau environnemental que social, etc. Comme le souligne Etienne Viard, directeur général de Proparco, « la domination du secteur dans certaines économies nationales peut parfois étouffer d’autres activités ; du fait d’une fiscalité trop avantageuse, elle peut aussi affaiblir le budget des Etats. [Sans oublier que] la rente minière n’est pas toujours gérée démocratiquement et son détournement a parfois permis d’alimenter certains conflits. »

Si les maux sont nombreux, ils ne sont pas sans solutions et la mobilisation est aujourd’hui générale. L’Initiative sur la transparence des industries extractives (ITIE) qui établit une norme de transparence pour ce secteur témoigne de cette entente entre Etats, entreprises de la société civile, investisseurs et organisations internationales. Car c’est du côté des acteurs impliqués que le changement pourra avoir lieu. C’est ce qu’efforce aussi de présenter le numéro 8 de Secteur Privé & Développement

© Crédit Photos : Mwana Africa Mine de Freda Rebecca


Des acteurs engagés : exemples ou exception ?num proparco.jpg

La publication s’attaque ici aux idées reçues, en démontrant, notamment que les groupes d’investissement plus risqués, parfois décriés, nommés Juniors, commencent à assumer leur responsabilité sociale et environnementale sur le terrain. Pour preuve, l’exemple de Gallery Gold Ltd au Bostwana : « En 2000, les deux premiers fonds ont participé à hauteur de 5,6 millions de dollars au capital de cette société (soit 45% du total). Alors qu’elle comptait dix salariés à l’époque du premier investissement, elle en employait environ 350 au moment de la sortie du fonds en 2007. La société a construit par ailleurs des routes, des écoles et des hôpitaux. » L’intervention de Mike Brook de l’African Lion nous explique plus en détail leur implication.

Autre bon exemple à découvrir dans ce numéro spécial : celui d’Enfant d’Afrique (Mwana Africa). Première société minière détenue par des investisseurs africains introduite à la bourse de Londres, ce groupe se distingue par la composition de son équipe, la diversité de ses actifs variés mais surtout sa démarche responsable et sociale : obtention de certification de qualité et de sécurité, lutte contre le paludisme et le sida auprès des populations locales, aides à la formation, etc. A ne pas en douter, l’investissement est ici basé sur le long terme.

© Crédit Photos Proparco


Mwana Africa2.jpgEnfin, la position des institutions financières de développement (IFD) et notamment de Proparco œuvre dans le sens du renforcement des exigences environnementales et sociales. Si le principe de subsidiarité est ici mis à mal en raison de marchés très liquides, les IFD se distinguent en soutenant des projets plus audacieux autour de métaux plus rares et plus risqués…ou dans des pays plus instables. Proparco a ainsi financé l’une des premières mines d’or du Mali, la première du Niger et est impliquée dans le financement des juniors en Afrique. Ces investissements ont permis à ce jour l’ouverture de six mines d’or et de nickel dans cinq pays par des sociétés juniors telles que Red Back au Ghana, Gallery Gold au Botswana, Albidon en Zambie.

Ce N° 8 de Secteur Privé et Développement de Proparco nous donne les raisons de croire que l’industrie minière peut ouvrir une réelle fenêtre d’opportunité pour l’Afrique et ne pas être un simple pillage de son sous-sol…

 

© Crédit Photos : Mwana Africa Mine de Freda Rebecca


Pour aller plus loin :

Classé dans : Afrique Croissance
Mots-clefs :, ,


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*