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[Vidéo] Conférence AFD/Institut Véolia environnement- Lutte contre la pauvreté et réchauffement climatique

Publié par Objectif Développement , le

Lors d’une conférence organisée par l’Institut Veolia Environnement et l’AFD les 27 et 28 juin derniers à la Maison de la Chimie, nous avons demandé à des intervenants leur point de vue sur la meilleure façon de concilier lutte contre la pauvreté et plan climat. Aujourd’hui, découvrez les pistes prioritaires grâce au résumé ci-dessous.

Sabrina Archambault – expert « adaptation au changement climatique » à l’AFD : une contrainte supplémentaire

Le phénomène du réchauffement climatique touche évidemment tous les pays mais particulièrement les pays du Sud car « ils ont moins de capacités financières, techniques et institutionnelles pour faire face à ces conséquences ». Une majorité de la population des pays en développement – 70 % – vit toujours en milieu rural, ils dépendent donc de la pêche ou de l’agriculture pour leurs revenus mais aussi pour se nourrir. La baisse du rendement agricole sur les 40 prochaines années est estimée à 20 %, c’est pourquoi il faut « mettre en place dès maintenant des politiques d’adaptation » insiste Mme Archambault.

Elle souligne également que le réchauffement climatique est une « contrainte supplémentaire sur l’atteinte des objectifs de développement ». Au delà de l’agriculture, ce sont toutes les ressources qu’il va désormais falloir gérer de manière intelligente, à cause de la variabilité des précipitations que l’on peut encore observer cette année. L’impact se fait ressentir sur tous les secteurs de l’économie de ces pays : développement, agriculture, eau, énergie mais aussi infrastructures.

Il convient donc de « revoir l’ensemble des politiques de développement, de réduction de la pauvreté pour pouvoir y faire face » afin de créer un « nouveau mode de développement qui soit résilient aux effets du réchauffement climatique ».

+ La page Climat du site de l’AFD

Lisa Schipper – Stockholm Environment Institute (États-Unis) : une impulsion politique pour limiter nos vulnérabilités

Mme Schipper qualifie le réchauffement climatique de « menace pour le développement ». En effet, alors que les pays développés ou en développement ne savent pas comment atteindre les OMD et faire face à ce défi dont l’échéance est pour 2015, le réchauffement climatique vient encore compliquer l’équation. Pour les populations les plus pauvres, les conditions sont donc plus difficiles qu’initialement prévues. La sécurité, tant alimentaire que personnel, se détériore. Le réchauffement reste un problème lié au développement en général et pas seulement environnemental.

Lisa Schipper estime nécessaire un déclencheur au niveau politique pour « justifier la refonte et la restructuration des institutions, des approches » qui ont trait au développement. Il faut profiter de cet effet d’aubaine où les dirigeants politiques multiplient les déclarations à propos du réchauffement climatique et du développement dans son ensemble.

En outre, elle précise que le « financement n’est pas la limite la plus importante pour s’adapter aux changements climatiques ou même pour limiter les émissions de gaz » : ce sont certaines pratiques qui doivent être modifiées pour « réduire nos vulnérabilités, en particulier les risques que pose le réchauffement et qui sont créés par la société elle-même, pas par le manque de fonds ».

Enfin, sans prise en compte de l’importance des changements nécessaires au niveau politique, nous ne ferons jamais face au réchauffement climatique précise Mme Schipper : il sera trop tard si l’on commence à « appliquer ces changements une fois que des gens auront commencé à mourir ».

+ Site du Stockholm Environment Institute

Laurence Tubiana – fondatrice et directrice de l’IDDRI (France) : montrer l’exemple avec des politiques innovantes

Les pays en développement doivent d’abord chercher des solutions pour consommer moins d’énergie, et cela implique d’investir dans les énergies renouvelables. Pour améliorer les politiques climat, il faut en priorité « les mettre en place partout » note Laurence Tubiana. Les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont encore à un niveau « balbutiant ».

Dans un premier temps ce sont les « mécanismes financiers pour assurer l’efficacité énergétiques des bâtiments et des transports » qu’il s’agit de développer. Mme Tubiana explique que ces engagements ne produisent « pas de rentabilité immédiate mais des gros avantages sur le long terme ». Ce travail sera réalisé par les entreprises. Elles apporteront des « systèmes énergétiques différents [et des] services offerts aux populations [qui] doivent intégrer ces objectifs de protection de l’environnement ».

L’action incitative de l’État est donc primordiale pour encourager les entreprises, sans toutefois recourir à un « État planificateur » comme on pouvait le trouver dans les années 1960-1970. La fondatrice de l’IDDRI espère une action collective, une véritable « impulsion des politiques publiques ».

Les pays en développement, et tout particulièrement les BRICS devraient lancer des politiques de réduction des émissions, des gaz à effet de serre, d’économie d’énergie dans leur développement urbain, pour montrer la voie à tous et « générer un effet d’imitation considérable dans les pays moins riches ». En utilisant de nouveaux schémas de développement, des instruments financiers innovants, ils deviendront une source d’inspiration pour d’autres pays moins avancés.

« Ces nouveaux acteurs vont rendre crédible le fait que ce sont de bonnes politiques pour le développement économique », conclue Mme Tubiana.

+ Site de l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales

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