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[Conférence] L’implication des jeunes dans la solidarité internationale

Publié par Objectif Développement , le

Hôtel de Ville de LyonEn marge de l’exposition « Nouveaux regards sur le Sud » proposée par l’AFD place des Terreaux à Lyon, une première conférence-débat sur le rôle des jeunes dans la solidarité internationale se tenait à l’Hôtel de Ville ce samedi 10 septembre.

Animée par Marc Bulteau, conseiller en interculturalité et maître de conférence associé à l’Université de Savoie, cette table ronde rassemblait des jeunes venus partager leur expérience de la solidarité internationale et des organismes présentant des programmes destinés à soutenir les initiatives de solidarité internationale et de coopération. À travers des projets qu’ils ont montés – en Afrique essentiellement – les participants à ce forum ont pu découvrir leurs regards croisés sur le Sud.

PRODIJ, un dispositif innovant

La Ville de Lyon a créé il y a 5 ans un projet de soutien aux actions de solidarité des jeunes, sur les aspects financiers, méthodologiques mais aussi de suivi et pour leur valorisation. Le dispositif PRODIJ présenté par Dominique Songeon, Responsable du Service Jeunesse, a ainsi permis de réaliser de nombreux projets, dont 25 % des projets concernent la solidarité internationale, majoritairement en Afrique de l’Ouest.
Pour un budget global de 30 000 euros par an, chaque jeune souhaitant monter un projet peut ainsi bénéficier de 1500 euros de subvention de la ville. Mme Songeon précise que les candidats arrivent souvent avec de la matière, un dossier déjà bien étoffé avant même d’entamer les démarches de subventions. PRODIJ se concentre aussi en fin de projet sur la valorisation d’expérience au retour.

Lyon, une ville engagée dans la coopération décentralisée et la solidarité

Depuis 1984, la Région Rhône-Alpes mène des actions de solidarité internationale et de coopération décentralisée. Celles-ci s’appuient d’abord sur le travail des ONG présentes dans la région depuis longtemps, telle Handicap International.
Quelle place pour les jeunes dans tout cela ? La réponse nous vient de Marc Noailly, Direction de l’Europe, des Relations Internationales et de la Coopération en Région Rhône-Alpes (APCJ). En 2004, la Région a mis en place le passeport solidaire. En partant de l’idée qu’on « ne s’implique pas dans une action de solidarité internationale d’un coup, tout entier, mais petit à petit », le projet met en avant la dimension collective plutôt que la démarche d’une seule personne prise individuellement.
Réaliser un premier voyage solidaire, favoriser l’échange entre jeunes avec un partenaire local, sont les buts de ce passeport, tout en s’assurant que le jeune poursuive son action au retour. En effet, les bénéficiaires de ce programme s’engagent à diffuser leur expérience. Entre 150 et 200 jeunes ont participé à ce dispositif qui est selon les mots de M. Noailly une sorte de « voyage initiatique, de préparation, de découverte ».

Des réseaux pour s’engager

Antonio Silveira, Chargé de mission jeune à RESACOOP, a invité les jeunes à s’engager aussi localement en France, grâce aux réseaux de son organisme, présents dans la grande majorité des départements. S’ils ne sont pas forcément spécialisés dans la solidarité internationale, ils permettent à tous de monter un programme de coopération. Des événements comme les jeudis de l’international ou le Festival des initiatives de jeunes sont autant de pistes à explorer pour commencer son projet.

Transposer l’enseignement des écoles de commerce au monde du développement

L’organisme de formation qu’est l’École 3A propose de former les jeunes aux métiers de la solidarité internationale et de l’humanitaire, à l’instar de Bioforce. Brigitte Plançon, Directrice des études, explique que cette école propose aux étudiants d’apprendre en 5 ans à appliquer les méthodes des écoles de commerce au monde du développement. En effet, elle estime que les organisations internationales et les ONG sont de véritables entreprises, avec des budgets conséquents et un personnel toujours plus nombreux. Il s’agit certes de motiver une équipe de salariés mais surtout de bénévoles, qui sont le véritable cœur de ce type d’organismes.
Grâce aux fondamentaux des écoles de commerce, comme la stratégie marketing, l’étude de marchés et le recrutement de bénévoles, cette école propose à ses étudiants de devenir efficace et opérationnel très rapidement, qualité essentielle dans le monde de développement, plus que dans tout autre domaine. Favoriser la créativité, l’entrepreneuriat, être « force de proposition », tels sont les objectifs de cette formation. Enfin, Mme Plançon projette que le « social business », les coopératives sont sûrement les modèles d’entreprises de demain.

Quelques projets des jeunes présents

Andrea est roumaine et vit depuis 4 ans en France. Avec un ami, elle a monté un projet de théâtre et cinéma au Burkina Faso, dans un petit village et à Ouagadougou. Pendant 4 mois, « qui ont paru 4 ans » pour elle, ils ont permis à des enfants et des jeunes de découvrir des moyens d’expression artistique auxquels ils n’ont pas forcément accès.
Le premier contact avec les enfants du village fut difficile : ils avaient peur d’elle en tant que « blonde et blanche » selon ses dires et elle n’arrivait pas à commencer ses ateliers. La barrière de la langue a été un premier obstacle, car si la plupart des Burkinabés parlent français, ils s’exprimaient avant tout dans un autre langue locale.
Pourtant, au bout de quelques semaines, les participants à ses ateliers ont eu du mal à accepter que le projet se termine et ils réclamaient toujours plus de cours ! La fin du programme dans le village et le départ pour la capitale a donc été une épreuve pour cette jeune fille.

Nadège montre quand à elle qu’il est possible de s’impliquer dans la solidarité sans forcément se déplacer à l’étranger ! Depuis Lyon, elle a créé un collectif de jeunes dans la mode. Avec des défilés de mode au Burkina et au Brésil, elle a pu sensibiliser les Lyonnais sur des cultures différentes. Son but était d’apporter un nouveau regard et valoriser le savoir-faire de ces populations dans le domaine de la mode, plutôt qu’organiser un défilé en habits « folkloriques ».

Quel rôle pour l’AFD et les organismes publics ?

Pour conclure, Jean-Luc François, Chef de la Division Développement agricole et rural à l’AFD, souligne que nous sommes désormais confrontés à une obligation de co-développement entre Nord et Sud. Les mots utilisés pour décrire les diverses expériences de ces jeunes l’ont étonné ; au lieu des traditionnels « solidarité », « humanitaire », ce sont plutôt des termes comme dialogue, échange, richesse de l’autre, impact sur soi que l’on a pu entendre lors de ces échanges d’expériences. M. François estime que le travail de l’AFD est avant tout de résoudre les inégalités mais aussi assurer le co-développement de tous les pays du monde.

+ Le programme des conférences à venir cette semaine

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