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[Conférence] L’accès à l’eau pour tous

Publié par Objectif Développement , le

Le 7 septembre 2011 avait lieu au Collège des Bernardins le forum / débat « Comment organiser l’accès à l’eau pour tous » organisé par l’association Odissée et l’Agence Française de Développement.

Parmi les participants, des « citoyens du monde » comme ils se sont définis eux-mêmes et des experts citoyens comme Maurice Bernard, responsable de la division Eau et Assainissement à l’AFD, Emmanuel Poilane, Directeur de la Fondation France Libertés et la présence du Président de  l’Assemblée nationale du Mali,  Dioncounda Traoré.

L’eau comme élément essentiel du développement

Après la présentation du Livre bleu et de ses conclusions, Odissée les a détaillé afin de définir les enjeux de l’accès à l’eau pour tous dans les pays en développement (PED) :

  • réduire la mortalité liée aux maladies hydriques ;
  • assurer la sécurité alimentaire ;
  • la gratuité de l’eau pour les plus pauvres, qui est un droit élémentaire.

Ce n’est ni plus ni moins que la survie de la population qui se joue dans les pays en développement avec la problématique de l’eau. En effet, elle est absolument nécessaire au développement de l’élevage, de l’agriculture et de l’industrie. Les participants au débat n’ont d’ailleurs pas hésité à élever l’accès à l’eau en « condition première du développement ». Faciliter son accès, c’est aussi éviter le risque de guerre de l’eau, ressource stratégique par nature. Il convient également de ne pas réduire la question à sa dimension technique : en effet, les aspects humains et sociétaux, doivent impérativement être pris en compte.

Par ailleurs, l’impulsion doit nécessairement venir des dirigeants des pays ou collectivités locales concernées, car les partenaires ne peuvent initier les programmes transversaux sans leur aval. Le secteur privé est capable de développer des solutions à faible coût, mais ces projets doivent être accompagnés par les décideurs politiques, qui assureront une bonne gouvernance à tous les niveaux, construiront les liens entre tous les acteurs et la chaîne des responsabilités indispensable pour le suivi technique.

Une nécessaire impulsion politique

Au-delà des contraintes techniques, humaines et politiques, les participants ont également insisté sur la régulation des flux de capitaux, et leur distribution. Trois pistes ont été évoquées à ce sujet :

  • Renforcer les mécanismes de gouvernance (voir supra) ;
  • Développer les mécanismes de régulation et de financement, notamment via l’innovation financière ;
  • Adapter les choix techniques aux contextes, primordial pour apporter une réponse équilibrée et efficace.

Un élément vient se heurter à ces propositions : la barrière de langage qui existe entre techniciens spécialistes, technocrates au sein des ministères et collectivités locales concernées, et les citoyens, paysans qui seront les bénéficiaires finaux. À tous les niveaux l’engagement doit être fort, sous peine de voir les projets bloquer à cause d’un maillon de cette chaine de responsabilités.

De plus, les projets d’accès à l’eau reçoivent souvent des réponses différentes selon les bailleurs, sur la technique à adopter, les modes de financement (public, privé ou partenariat). Pour résoudre ce problème, l’idée d’un mécanisme de coordination au niveau des Nations unies a été évoquée, qui serait à même de juger de la qualité d’un projet, ses chances de réussite, tout en prenant en compte la spécificité de l’aire géographique ou de la population concernée. Seul cet organisme serait en mesure de créer un « langage commun » à toutes les parties.

Comment identifier les partenaires compétents ?

Malheureusement, la plupart des initiatives se heurtent au problème de la professionnalisation des élus locaux. Les grands groupes industriels ont du mal à identifier les partenaires locaux compétents et responsables. Le secteur de l’eau a une dimension sociale et politique encore extrêmement importante, en France et partout ailleurs. Remettre l’eau au cœur des débats et notamment l’inscrire pour priorité au sein même des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) devient plus que jamais une responsabilité internationale, qui concerne pays développés et PED. Par exemple, il est extrêmement difficile de monter une politique nationale de l’eau au Mali si le projet bute sur des accords entre tous les pays le long du fleuve Niger…

Depuis 30 ans, la liste d’objectifs est sans cesse répétée et allongée alors qu’on régresse en milieu urbain et on arrive tout juste à donner accès à l’eau dans certaines régions. Mettre en œuvre des programmes implique d’aller à la rencontre des populations concernées, car dans la plupart des cas, le principal problème de l’accès à l’eau n’est pas le manque de ressources, mais plutôt le « travailler ensemble » nécessaire pour y parvenir. En effet, la solution n’est pas toujours nationale, mais souvent régionale ou locale.

Classé dans : Conférences Eau / Assainissement Les défis du développement
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3 réponses à "[Conférence] L’accès à l’eau pour tous"

  1. Ce sujet revet une extreme importance au Liban. Que compte faire l’AFD pour aider le gouvernement Libanais pour resoudre ce probleme qui se place en tete des projets de reforme envisages?

  2. l eau est en realite la source de vie. luttons ensemble pour la preserver.au senegal nous avons ce probleme.

  3. (Tout d’abord, toutes nos excuses pour cette réponse tardive)
    L’AFD intervient en effet depuis plusieurs années au Liban dans le secteur de l’eau. Elle y soutient (ou a soutenu) des projets tel que la réhabilitation du réseau d’eau potable de Jezzine, l’alimentation en eau potable de l’agglomération de Tripoli, un programme d’urgence d’adduction d’eau au Sud Liban, la rénovation du système d’adduction de la municipalité de Bkassine et l’accompagnement de l’Etablissement des Eaux du Liban Nord.
    Concernant les projets de réformes sur le secteur de l’eau au Liban, l’AFD a justement financé, sur don, un appui institutionnel aux autorités libanaises pour préparer un projet de code de l’eau (le financement initial provenant du ministère des Affaire étrangères). Ce code (loi et décrets), une fois adopté et mis en application, permettra de réformer l’organisation du secteur, c’est-à-dire de clarifier les rôles de chaque institution (ministère, établissements des eaux, municipalités, ..), de renforcer les capacités de celles-ci, d’améliorer la réglementation et de mieux gérer la ressource en eau.
    Actuellement, le Ministère de l’Eau et de l’Energie travaille à la finalisation du code, qui sera, après décision du gouvernement, présenté au parlement pour approbation. En parallèle, le Ministère a initié l’an passé une stratégie pour le secteur de l’eau.