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Au Bangladesh, les pauvres apprennent l’anglais grâce à leur téléphone mobile

Publié par Objectif Développement , le


Dans le cadre de la conférence organisée par Hystra, l’AFD et Orange il y a quelques semaines, les invités ont pu découvrir une multitude de projets de développement utilisant les nouvelles technologies pour améliorer les conditions de vie des plus pauvres dans de multiples domaines : santé, agriculture, ou encore éducation…Comment est-ce possible me direz-vous dans des franges de la population qui n’ont bien souvent pas accès aux ressources les plus élémentaires ?

Il se trouve que le téléphone portable, très utile et relativement abordable, bénéficie d’un très bon taux de pénétration dans les pays en développement. Du désert du Sahara en passant par le Bangladesh, le portable est entre toutes les mains. Dans ce dernier pays, 50 millions de personnes, soit un tiers de la population, possèdent en effet un téléphone mobile et leur nombre augmente sans cesse.

Un tiers de la population du Bangladesh possède un téléphone portable

Partant de ce constat, le service BBC Janala est né au Bangladesh. Cette entreprise, financée par l’équivalent anglais de l’AFD ; Department for International Development (DFID), a mis en place un programme d’enseignement de l’anglais multiplateforme : TV, journaux et téléphones mobiles sont les trois supports utilisés pour aider les Bangladais à améliorer leur connaissance de la langue anglaise. En effet, ceux qui, parmi les Bangladais, parlent l’anglais ont plus de chances de décrocher une emploi qualifié.

En seulement une quinzaine de mois, le service sur mobile a connu un succès fulgurant : 10 millions d’appels passés par 3,8 millions de personnes et plus de 170.000 leçons d’anglais téléchargées sur les mobiles des apprenants qui s’ajoutent à 20 millions d’utilisateurs sur les journaux et à la télévision.

10 millions d’appels et 170.000 leçons téléchargées

Pour parvenir à de tels résultats le service SMS a été très longuement testé afin de pouvoir être utilisé facilement par des personnes ayant des bas revenus et un niveau d’éducation faible : les accents et usages divers de la langue bengali ont notamment eu leur importance.

Enfin, pour rendre le service abordable aux plus pauvres, BBC Janala a négocié avec les opérateurs un tarif inférieur de 75% à celui des appels courants. Chaque leçon d’une durée de trois minutes coute ainsi moins cher qu’ une tasse de thé. Le coût pour la société est de moins de 4 dollars par utilisateurs. Les revenus du service sont pour le moment entièrement reversés aux opérateurs et l’entreprise ne fait pas de bénéfice, et DFID la finance. cela dit elle prévoit de devenir indépendante à l’horizon 2017.

D’ici là, ce projet aura touché plusieurs millions de personnes qui, en améliorant leur anglais, ont toutes les chances de bénéficier de meilleures opportunités d’emploi.

+ Reportage sur BBC-Janala (en anglais)
+ Tous les projets audités par Hystra dans le cadre de l’enquête ICT for BoP (en anglais)

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