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Association Al Amana – Microfinance au Maroc

Publié par Objectif Développement , le

Contexte

Dans un pays où 19 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, où le taux de chômage urbain atteint plus de 20 % et où les femmes constituent à peine un quart de la population active, les associations de microcrédit apparaissent comme des opérateurs importants.

Elles permettent, par leurs actions, de lutter contre la pauvreté, de réduire les inégalités homme/femme et de renforcer la cohésion sociale du pays. Le rôle des institutions de microfinance au Maroc est ainsi reconnu par les autorités du pays qui accompagnent activement leur développement.
Al Amana, première institution de microcrédit marocaine, desservait 207 000 clients au 30 juin 2005, pour un encours de 550 millions de dirhams. Le financement concessionnel de l’AFD, consenti sur une durée de dix ans, contribuera au refinancement global de l’activité de microcrédit de l’association.
« La pauvreté ne peut être réellement vaincue que si l’on donne aux personnes économiquement faibles, et particulièrement aux personnes démunies, les moyens appropriés pour la création et le développement d’activités génératrices de revenus. Des larges franges de la population sont capables de créer et de développer de petites activités d’auto-emploi pour améliorer leurs conditions et s’auto-promouvoir. » déclare M. Dirss Jettou, Premier Ministre du Maroc.

Objectifs

La finalité du concours octroyé par l’Agence est de :
- contribuer au développement économique du pays et à la lutte contre la pauvreté, en appuyant le développement et la structuration des systèmes financiers locaux ;
- permettre à des populations exclues du système financier formel d’avoir accès, durablement, à des services financiers adaptés à leurs besoins pour le financement d’activités créatrices de revenus.

Les enjeux d’un tel financement sont les suivants :
- l’appui à la création et au développement de micro activités (objectif 2009 de 650 000 clients) ;
- l’appui à l’emploi, notamment féminin : 50 % des bénéficiaires de l’association sont des femmes ;
- la bancarisation et la pénétration des micro entrepreneurs dans l’économie formelle ;
- le développement de produits répondants aux besoins des populations démunies dans des régions non encore couvertes par le réseau d’Al Amana.

Les objectifs spécifiques poursuivis par l’Agence dans ce cadre consistent à :
- développer le portefeuille de prêts et augmenter le taux de pénétration sur les zones actuellement couvertes ;
- étendre l’activité à d’autres zones, spécialement en milieu rural ;
- adapter et diversifier les produits afin de mieux répondre aux besoins des populations (prêts au logement, accès aux services d’eau et d’électricité, prêts individuels, prêts en milieu rural, etc.) et continuer à investir dans le développement des produits innovants.

Descriptif du projet
Une brodeuse qui doit financer son fil, un chauffeur de taxi dont le moteur est tombé en panne, une marchande qui achète à crédit les légumes qu’elle vend dans son village, autant d’artisans qui développent aujourd’hui une activité professionnelle grâce au microcrédit.
Depuis sa création, Al Amana s’est financée principalement grâce à des subventions qui lui ont permis de constituer des fonds propres de « départ ». L’institution, désormais rentable, dégage chaque année des résultats bénéficiaires qui viennent grossir ses fonds propres. Al Amana a donc une structure financière très solide et une capacité d’endettement lui permettant d’avoir recours à des financements commerciaux.
Le volume des subventions octroyées à l’institution tendant à décroître, elle doit désormais, pour faire face au développement de son activité, mobiliser d’autres types de ressources, notamment par l’intermédiaire des emprunts bancaires. Afin de répondre aux besoins de financement d’Al Amana, l’AFD intervient :
- d’une part sous forme d’un prêt long terme concessionnel en euros, le risque de change étant couvert par un montage spécifique ;
- d’autre part sous forme d’un concours en quasi-fonds propres, en monnaie locale pour permettre à l’institution de diversifier ses produits et d’envisager une montée en puissance rapide d’activités aujourd’hui peu développées faute de ressources financières adaptées permettant ces nouveaux développements.

Classé dans : 3. Oui à l'égalité des sexes


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