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Prévenir les virus émergents avec l'institut Pasteur en Asie du Sud Est

Publié par Objectif Développement , le

Contexte
En deux ans, deux virus émergents, le SRAS et la grippe aviaire, ont éveillé la conscience de la communauté internationale sur le risque de pandémie mondiale. Le virus de la grippe aviaire, qui a commencé par décimer des élevages de volaille en Asie en 2004, a progressé jusqu’en Europe. Une centaine de cas de transmission à l’homme laissent craindre une mutation du virus, qui pourrait se transmettre d’homme à homme et provoquer une pandémie à l’échelle de la planète. Selon la Banque Mondiale, une telle épidémie entrainerait la mort de millions de personnes et pourrait coûter jusqu’à 800 milliards de dollars, soit 2 à 3% du PIB mondial.

Les pays du Sud-est asiatique, qui ont vu l’émergence de ces virus, comptent parmi les plus pauvres au monde. Leurs capacités de détection et de surveillance des virus sont très limitées. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) leur a néanmoins demandé de se doter d’un plan national de lutte contre ces infections, afin d’identifier rapidement les cas et de surveiller une éventuelle mutation génétique des virus.

C’est pour répondre à ce défi majeur que l’Agence Française de Développement (AFD) a décidé d’accorder une subvention de 5,9 millions d’euros à l’Institut Pasteur de Paris afin qu’il mette en œuvre un projet de renforcement de son réseau en Asie du Sud-est. Les Instituts Pasteur d’Asie du Sud-est (Institut Pasteur du Cambodge à Phnom-Penh ; Instituts Pasteur de Chine à Hong Kong et à Shanghai ; Instituts Pasteur du Vietnam à Nha Trang, Hanoï et Ho Chi Minh Ville). ont en effet joué un rôle central lors de ces épidémies et ont été reconnus comme laboratoires de références nationales pour la surveillance et le diagnostic des virus émergents.

Objectifs
La finalité du concours octroyé par l’Agence est de lutter contre les grandes pandémies mondiales en améliorant la détection et la prise en charge des épidémies dues à des virus émergents en Asie du Sud-est (Cambodge, Chine, Laos, Vietnam). Les objectifs spécifiques poursuivis par l’AFD sont les suivants :

- renforcer les capacités techniques et humaines des six instituts Pasteur et du Centre national de laboratoire et d’épidémiologie de Vientiane afin de mettre en place un programme de surveillance et d’investigation des épidémies causées par des virus émergents;
- améliorer la coordination nationale et régionale afin de mieux suivre l’évolution géographique et biologique des virus.

Descriptif du projet
Le projet financé par l’AFD met en œuvre trois grandes stratégies:
- le renforcement des capacités des laboratoires et leur coordination à l’échelle régionale par la création d’un réseau (une attention particulière est portée au renforcement des capacités du Centre national de laboratoire et d’épidémiologie de Vientiane afin que celui-ci puisse intégrer à terme le réseau des Instituts Pasteur) ;
- le renforcement des systèmes nationaux de surveillance épidémiologique ;
- le renforcement de la coordination au niveau national et régional, notamment avec l’OMS.

Le projet consiste à doter les six Instituts Pasteur et le Centre de Vientiane d’un matériel de haute technologie et à offrir des formations à leurs personnels. Ces laboratoires seront ainsi à la pointe en matière de lutte contre les virus émergents. Le projet est réalisé en étroite coordination avec les politiques nationales de lutte contre les épidémies et en complémentarité avec les interventions des autres partenaires internationaux. La maîtrise d’ouvrage est assurée par l’Institut Pasteur de Paris.

Impacts
- Les Instituts seront capables de lancer des alertes très précoces suite à l’apparition ou à l’évolution d’un virus ;
- Les autorités des pays pourront apporter des réponses plus adaptées aux épidémies ;
- L’amélioration du suivi des épidémies et le renforcement des capacités des laboratoires permettront d’apporter une meilleure réponse au problème du virus du SIDA ;
- Les organisations internationales disposeront de données fiables et précises ;
- Les patients infectés dans les zones concernées seront mieux pris en charge ;
-  La population mondiale bénéficiera d’une meilleure protection face au risque de pandémie.

Classé dans : 6. Oui à la lutte contre les maladies


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