Le Mag

Quand l'aide alimentaire appuie le développement agricole

Publié par Objectif Développement , le

En Mauritanie, le projet PROFAREVCO : vers une contractualisation entre les agriculteurs mauritaniens et le système national d’aide alimentaire.

La Mauritanie bénéficie d’une croissance relativement bonne du fait des recettes d’exportation de minerai de fer, de pétrole et de la pêche. Mais malgré des progrès, la pauvreté (25 %) et la malnutrition infantile (32 %) restent importantes. Les ressources des ménages ruraux (37 % de la population) dépendent pour une grande part de l’élevage et des transferts de migrants.
Ce pays qui importe plus de 70 % de son alimentation, a été particulièrement exposé à la flambée des prix sur les marchés agricoles mondiaux en 2007 et 2008. Les grandes villes du pays ont connu des manifestations. En mai 2008, Le gouvernement mauritanien a alors mis en œuvre le Programme Spécial d’Intervention (PSI) et fait de l’agriculture une priorité pour l’année 2008.
L’aide alimentaire est gérée par le Commissariat de la Sécurité alimentaire (CSA). Ses interventions et celles du Programme alimentaire mondial (PAM) fonctionnent essentiellement par la distribution d’aliments importés (blé, riz, maïs) dans le cadre d’actions dites de « Vivre contre travail » (VCT) et de « Stocks alimentaires villageois de sécurité » (SAVS).
Or, il existe un réel potentiel de production agricole dans certaines régions du pays. Suivant une approche adoptée désormais dans de nombreux pays, les programmes d’aide alimentaire pourraient donc s’approvisionner auprès des producteurs mauritaniens.
Dans le cadre du Programme Spécial d’Intervention du Gouvernement mauritanien, le projet PROFAREVCO contribue à réduire l’insécurité alimentaire et la malnutrition des ménages ruraux vulnérables de trois régions de Mauritanie parmi les plus pauvres (Assaba, Gorgol et Guidimakha) en leur apportant des céréales et légumineuses produites localement.
Doté en 2008 de 500 000 € au titre de l’aide alimentaire de la France, le projet est mis en œuvre par un consortium de trois ONG (Groupement de recherche et de réalisation pour le développement rural – GRDR -, Action Contre la Faim et ECODEV). Le Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) apporte son appui pour la mise en relation de zones à fort potentiel productif avec des zones de forte vulnérabilité.
En 2008, le projet a soutenu la production de céréales locales en culture de décrue en distribuant des semences de céréales et de niébé à 2 000 des producteurs des zones favorables de ces trois régions, racheté à des prix garantis 25 % de la production obtenue et approvisionné les stocks alimentaires villageois de sécurité de 40 villages parmi les plus vulnérables de ces mêmes régions, soit 7 000 ménages ou 35 000 personnes.

Classé dans : 1. Oui à la lutte contre la pauvreté et la faim


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*