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[Conférence] Que retenir de la conférence de Durban sur le climat ?

Publié par Objectif Développement , le

Le 18 janvier dernier, l’Agence Française de Développement organisait  une conférence intitulée « Que retenir de la conférence de Durban sur le climat ? ».

On y a appris que, même s’il n’y avait pas de grand objectif ou d’accord à atteindre lors de cette conférence, elle avait permis de maintenir le dialogue, notamment à travers toutes les discussions bilatérales – en off - et de réduire petit à petit les différences de point de vue entre pays industrialisés et pays émergents. Ces derniers, comme la Chine ou le Brésil, ont d’ailleurs démontré leur volonté de s’impliquer davantage dans les négociations.

Mais, au fait, qu’est-ce qu’une conférence climat ?

Nommées « COP » pour « Conference Of Parties », ces conférences Climat annuelles permettent aux 195 pays signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de 1992, de s’entendre et de s’engager sur des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L’adoption du protocole de Kyoto, représente notamment une des grandes étapes de cette convention.  Entré en vigueur en 2005, ce protocole comprend des engagements quantitatifs de réduction des émissions polluantes pour les pays signataires, mais qui concernent surtout des pays industrialisés. En outre, les engagements du protocole sont juridiquement contraignants.

Le système des « crédits carbone » est également issu de ce protocole.

Au total, les 195 pays se sont retrouvés à la COP 17 de Durban pour négocier les futurs accords et mesurer le chemin parcouru depuis la conférence de Cancún de 2010.

Limiter la hausse de température à 2°C d’ici à 2100

L’édition qui s’est déroulée à Copenhague en 2009 est considérée comme un échec car les États ne sont pas parvenus à réduire le décalage entre les recommandations des scientifiques et les engagements nécessaires de la part des gouvernements.

En effet, les chercheurs estiment qu’il faut limiter la hausse de température à 2°C d’ici à 2100, sans quoi les conséquences sur le climat seraient irréversibles. Malheureusement, les engagements actuels des États sont largement insuffisants pour ne pas dépasser cette ligne. L’Union européenne tente tout de même de maintenir son objectif : la réduction de la production de gaz à effet de serre pour atteindre un niveau similaire à l’ère pré-industrielle d’ici à 2020.

Les différences de point de vue entre pays industrialisés et pays émergents s’amenuisent

Cette année, pour éviter un blocage comme précédemment, l’accent était mis sur l’engagement individuel des pays visant à réduire les conséquences du réchauffement climatique, en plus des accords internationaux que ces conférences sont destinées à faire émerger. Tous les participants se sont mis d’accord sur un constat essentiel : les pays signataires devaient absolument continuer à discuter malgré les échecs précédents. La conférence de Durban s’est donc étalée sur 2 semaines, et s’est conclu par près de 30 heures de négociations, prolongeant ainsi le temps imparti au départ. Les pistes suivantes ont été retenues :

  • une feuille de route pour un nouvel accord établie avant 2015 pour une application en 2020, impliquant l’ensemble des pays déterminés à lutter contre le réchauffement climatique ;
  • maintenir le protocole de Kyoto et entamer sa deuxième phase pour les États désireux de le prolonger ;
  • créer un Fonds vert unique et opérationnel ;
  • mettre en œuvre les engagements techniques abordés lors de la conférence de Cancún ;
  • signer un accord avec les BRICS d’ici 2020.

Par ailleurs, les intervenants ont souligné que les différences de point de vue entre pays industrialisés et pays émergents s’amenuisent, des pays comme la Chine ou le Brésil ayant démontré leur volonté de s’impliquer dans les négociations.

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Crédit photo : DECCgovuk – Creative Commons (by-nc-nd)

Classé dans : Climat
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