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[Spécial eau] « L’eau pour la paix » entre le Tchad et le Darfour

Publié par Objectif Développement , le

Le Tchad compte beaucoup sur l’élevage pour son développement : en dehors du pétrole, il représente l’essentiel des exportations et contribue pour 15% au PIB du pays ! La plupart des éleveurs sont nomades (90%), une manière pour eux de s’adapter aux conditions climatiques difficiles, en suivant les cours d’eau et les précipitations. Ces pratiques ancestrales de transhumance sont pourtant menacées : par le développement de l’agriculture et de l’élevage sédentaires d’une part, et l’inégale répartition des points d’eau, d’autre part.

© Michel Hasson


Gérer la répartition de l’eau pour maintenir la paix


Pour maintenir la paix avec les voisins du Darfour, la réalisation d’ouvrages hydrauliques et la sécurisation du parcours des transhumants est donc devenue indispensable.Le projet « Almy al Afia » (De l’eau pour la paix) est mené au Tchad central avec l’appui d’opérateurs spécialisés comme Iram-Antea et l’apport fiancier de l’AFD qui intervient dans le pays depuis une quinzaine d’années.

© Michel Hasson


Des puits tout au long du parcours de transhumance


En construisant des puits sur un trajet de transhumance « négocié » le projet vise plusieurs objectifs :
- favoriser un aménagement et une exploitation rationnels de l’espace pastoral ;
- augmenter et diversifier la production animale tout en améliorant le niveau et la qualité de vie des éleveurs ;
- préserver l’environnement ;
- améliorer la participation et la responsabilisation des communautés de base et des opérateurs
économiques à travers la création de parcours négociés et en laissant une large part aux savoirs
traditionnels ;
- encourager la coopération entre éleveurs nomades et sédentaires et diminuer les conflits.

Certains pâturages, dont les ressources en eau étaient peu utilisées, ont ainsi été mis en valeur par la création de puits profonds dans la zone nord du pays. En outre, une chaine de puits a été créée sur le parcours de la transhumance pour permettre de ralentir la descente des animaux vers les zones sud, où se trouvent les zones cultivées. Enfin, les éleveurs nomades et sédentaires ont été accompagnés grâce à la création de structures de négociation et de gestion des puits.

© Michel Hasson


Des conflits réduits, et des revenus qui augmentent


Au total plus de 1 000 points d’eau ont été réalisés, ainsi que 2 000km de pistes de transhumance ! Les conflits ont été considérablement réduits et les éleveurs les locaux formés à la négociation en cas de dysfonctionnements. Les producteurs bénéficient directement des avantages du projets car leurs revenus ont connu une hausse substantielle estimée à 18 milliards de Fcfa ! Ce projet de longue haleine a été financé sous forme de subventions à l’état Tchadien pour un total de 50 millions d’euros.

+ Pour aller plus loin

Voir la vidéo sur le projet au Tchad :

Copyright photos © Michel Hasson

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Une réponse à "[Spécial eau] « L’eau pour la paix » entre le Tchad et le Darfour"

  1. J’ai un ami qui doit être au Chaden ce moment,et il travail au HCR !