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[Spécial eau] Kenya : faire participer les habitants des quartiers informels à la gestion de l’eau

Publié par Objectif Développement , le

Début des années 2000 : la grande agglomération de Kisumu, troisième ville du Kenya, souffre de faibles performances quand à la distribution d’eau, et les pénuries sont nombreuses à cause de la forte pression démographique, l’une des plus élevées du continent africain. Toutefois, ce pays en « stress hydrique » a décidé d’augmenter la desserte en eau potable dans les régions urbaines de 2 % par an depuis une loi sur l’eau en 2002.

Des quartiers informels de plus en plus nombreux et mal desservis

Kisumu compte 500 000 habitants et voit 50 % de sa population rassemblée dans des quartiers périphériques qui ne sont pas connectés au réseau de distribution. C’est pourquoi près de 15 000 foyers doivent, pour survivre, acheter une eau de qualité médiocre et souvent au prix fort. La capitale Nairobi souffre du même mal : la quelque centaine de quartiers informels pose évidemment problème pour l’accès à l’eau et l’assainissement. Le déficit en eau potable n’autorise que 53 % des habitants à disposer d’un accès individuel.

L’AFD a donc lancé en partenariat avec la société Kiwasco un projet de raccordement de ces quartiers à Kisumu, qui vise les objectifs suivants :

  • réhabiliter le système de stockage et de traitement d’eau potable de Sasuma, pour les quartiers situés à l’ouest de Nairobi
  • réduire les rejets d’eaux usées et les retraiter ;
  • augmenter la capacité de production et distribution d’eau potable dans la commune de Kisumu, particulièrement dans les quartiers défavorisés.

 

Impliquer les communautés locales pour distribuer l’eau

Les quartiers informels de la ville que sont Nyalenda et Manyatta ont vu leur situation transformée par le système communautaire et participatif de « gestion déléguée ». Les quartiers périphériques étant en général desservis par une seule canalisation principale, il n’est pas rare de voir des branchements « spaghetti », ou raccordements sauvages, qui pénalisent l’ensemble des habitants. En effet, ces raccordements peuvent provoquer des fuites et empêchent de bénéficier d’une eau de qualité pour tous.

C’est pourquoi Kiwasco encourage les communautés à se connecter légalement au réseau pour obtenir une eau de meilleure qualité, moins chère que celle vendue par d’autres opérateurs voire cartels… La régulation des prix conjuguée à des possibilités de paiement en plusieurs fois permet à tous les habitants, même les plus défavorisés, de jouir de ces accès à l’eau devenus enfin abordables. Des représentants de l’entreprise, choisis parmi les habitants des quartiers informels, font du porte à porte et sensibilisent les habitants à cette possibilité.

Une demande enfin satisfaite

La gestion déléguée mise en place pour Kisumu touche maintenant 3500 personnes et le volume d’eau potable répond à la demande des habitants. L’eau que l’on achète toujours dans les quartiers informels est jusqu’à 10 moins chère qu’auparavant et de meilleur qualité. Enfin, la réhabilitation des moyens de distribution et d’assainissement existants a également permis de réduire la pollution du Lac Victoria tout proche.

–> Aller plus loin : découvrez un reportage sur la gestion déléguée de l’eau dans les quartiers informels de Kisumu.

Rendez-vous au Kenya, gestion déléguée de l’eau from Objectif développement on Vimeo.

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