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[Spécial eau] Soweto : payer ses factures pour conserver un accès à l’eau de qualité

Publié par Objectif Développement , le

Depuis 2005, Soweto fait l’objet d’une attention particulière de la ville de Johannesburg dont elle fait partie. Ce township, qui s’est illustré par le passé via son refus de l’apartheid et les émeutes qui s’y sont déroulées, récolte aujourd’hui les bénéfices du projet « Operation Gcin’amanzi » ou « conservation de l’eau » en zoulou, lancé par Johannesburg Water et l’AFD.

Le délicat héritage du régime d’apartheid

Si l’apartheid est maintenant terminée depuis plus de 50 ans, les townships confrontés à une explosion démographique ne possédaient toujours pas les infrastructures nécessaires pour alimenter en eau l’ensemble de leur population.

E. Muench - Creative Commons

Aujourd’hui, une classe moyenne s’est développée à Soweto et l’une des plus grande enseigne de centres commerciaux a décidé de s’y implanter. Cependant, les habitudes nées pendant la lutte contre l’apartheid sont restées : les habitants avaient organisé le boycott des paiements à l’État et aujourd’hui encore seul un ménage sur six paie ses factures à l’état… Le vieux réseau d’eau, qui a besoin de ces paiements, nécessiterait d’être réparé en de nombreux points pour enrayer les fréquentes fuites qui occasionnent des millions de m3 de perte chaque année…

Rationaliser le système de distribution

Le but affiché du projet mené par l’AFD et Johannesburg Water consiste à lutter contre le gaspillage de la ressource en eau. En modernisant les réseaux et branchements, et en instaurant une politique de prix bas, il vise à engager les citoyens dans la refonte du réseau de distribution, en prouvant que payer sa facture permet d’améliorer rapidement leur qualité de vie.

De plus, le service d’assainissement tire profit de cette responsabilisation des habitants : c’est une eau potable moins chère et de meilleure qualité qui transite par ces nouveaux réseaux, tout en garantissant la durabilité environnementale, économique et sociale du système.

Les canalisations sont évidemment concernées, mais pas seulement : le projet a pour but de remplacer tous les branchements individuels et privés, afin d’apporter le service directement aux usagers. Ces derniers ont vu leur foyer équipé d’un compteur à prépaiement pour les sensibiliser à la gestion de l’eau et à sa conversation, ainsi que l’indique le nom du projet.

Sea Turtle - Creative Commons

Des économies d’eau gigantesques

La première phase de travaux, qui s’est déroulée de 2005 à 2008, a généré une économie d’eau de 22 millions de m3 par an, soit 7,5 millions d’euros en achat d’eau potable ! Le secteur de l’emploi a également profité du projet, car de nombreux emplois de médiateurs sociaux, qui gèrent la communauté et ses ressources, ou de plombiers ont dû être créés pour assurer le suivi de cette rénovation. L’impact n’est donc pas seulement sanitaire, mais aussi économique car il fournit un emploi à des populations défavorisées en termes d’accès à l’emploi.

-> Pour aller plus loin : découvrez le film de l’évaluation du projet (54′)

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