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[Spécial eau] Mauritanie : acheminer l’eau dans les régions les plus pauvres

Publié par Objectif Développement , le

Comme le Kenya dont nous avons parlé précédemment, les besoins en eau de la Mauritanie sont couverts pour seulement 50 % de la population. Pire, seuls 24 % des Mauritaniens disposent d’une installation sanitaire. Conjuguée à une forte sédentarisation depuis les années 1970 à cause de la sécheresse, la problématique de l’accès à l’eau et à l’assainissement est primordiale dans le pays. C’est pourquoi l’État mauritanien, en partenariat avec des bailleurs de fonds dont l’AFD, a financé le « Projet Eau Guidimakha Gorgol».

©EU/ECHO Saïd Mbombo Penda

Une politique de l’eau pour lutter contre la pauvreté

Le projet se concentre sur les wilayas du Gorgol et du Guidimakha, qui souffrent de leur enclavement et dont les habitants sont parmi les plus pauvres de Mauritanie. Alors que l’indice de pauvreté au niveau national est de 46 %, ces deux régions ont un indice de 69 % et 63 % respectivement… Face à cette situation d’urgence, le gouvernement mauritanien a mis la priorité sur l’amélioration de l’accès à l’eau potable et les conditions d’hygiène de ces régions. Au niveau local, une ONG française, le GRDR, et une ONG locale, Tenmyia, interviennent avec leurs experts sur le terrain.

Au total 24 localités sont concernées par la construction d’infrastructures d’alimentation en eau et d’assainissement. Celles-ci permettront aux bénéficiaires d’améliorer leur environnement sanitaire et leur état de santé. De plus, les populations auront plus de temps pour développer des activités productives comme le maraîchage ou l’artisanat car elles seront ainsi déchargées de la corvée d’eau. L’accès à l’eau aura également un impact direct sur la santé et le niveau de vie de la population.

Adapter les infrastructures pour un environnement local

En plus des branchements privés que l’on installe souvent en zone urbaine, les provinces concernées, plutôt rurales, verront leur spécificité régionale prise en compte. Pour adapter l’acheminement de l’eau aux capacités et besoins locaux, des bornes fontaines et des pompes en motricité humaine seront installées afin que le plus grand nombre puisse profiter d’un accès à l’eau potable. La réalisation d’étude hydroécologiques en amont s’accompagne d’un dispositif de suivi des ressources en eau grâce aux services du Centre Nationale des Ressources en Eau (CNRE). Les 24 infrastructures hydrauliques devraient satisfaire les besoins en eau potable de 35 000 habitants à l’horizon 2015.

Une campagne de sensibilisation et une meilleure hygiène pour les bénéficiaires

© Sophie Biailais

Les comités « hygiène et assainissement » (CHA) concernent 80% des ménages. Ils visent le changement des comportements des ménages via la sensibilisation à l’hygiène afin de faire reculer les maladies liées à l’eau. La construction de latrines dans les établissements scolaires et les centres de santé, de latrines familiales et de puisards de collecte des eaux ménagères complètent ces campagnes de promotion de l’hygiène. Elle vise à réduire la mortalité infantile, mais aussi le paludisme, en faisant bénéficier les ménages d’infrastructures sanitaires adaptées à leur besoin. Le projet vise la couverture en eau potable de 98 % des besoins d’ici à 2015.

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