Le Mag

[Spécial Eau] Maroc : la région du Grand Nador

Publié par Objectif Développement , le

À l’instar des pays africains dont nous avons parlé auparavant, le Maroc fait face à une augmentation des besoins et à de faibles ressources en eau. L’assainissement est donc primordial pour conserver une eau de qualité. C’est pourquoi un Plan National d’Assainissement a été lancé en 2005 afin de traiter 60 % des eaux usées, et de raccorder 80 % des habitants de 260 villes à un réseau d’assainissement d’ici à 2020.


Une eau disponible mais trop peu traitée

La population marocaine dispose d’un accès à l’eau pour 83 % des populations vivant en zone urbaine contre 52 % pour les ruraux. Malheureusement, le taux d’épuration au niveau national reste très bas, à seulement 13 %… Le gouvernement a donc décidé en 2005 de lancer une politique de développement local ambitieuse en se concentrant tout d’abord sur la région de Nador, au nord-est du Maroc. Située en bordure de la lagune de Marchica, en plus d’être une zone humide d’importance internationale, elle possède un fort potentiel touristique. Elle reste cependant un milieu fragile, notamment à cause du déversement des effluents urbains peu ou mal traités, conséquence du mauvais état des systèmes d’assainissement environnants.

Préserver la lagune pour rendre le site attractif

La ville de Nador et ses environs sont raccordés à 55 % aux infrastructures d’assainissement. Le projet lancé en 2007, cofinancé par l’AFD et mis en œuvre par l’Office national de l’eau potable (ONEP), visait à la refonte totale du système actuel d’assainissement de la région du Grand Nador. Pour cela, une nouvelle station d’épuration a été construite, les réseaux de collecte ont été étendus et les stations existantes et obsolètes démantelées. Grâce à cette amélioration du réseau d’accès à l’eau et au traitement des eaux usées, la population bénéficie désormais de meilleures conditions sanitaires. De plus, cette zone balnéaire deviendra plus attractive car la refonte a également permis de réhabiliter et de préserver l’écosystème de la lagune.

Les acteurs locaux et la Fondation Mohammed VI pour l’Environnement ont également travaillé de concert pour dépolluer le site. Ainsi, un comité de pilotage veille à l’amélioration de la connaissance du milieu, au suivi de son « état de santé » et sensibilise l’ensemble des populations vivant alentour aux enjeux de sa protection.

© Émeline Oudin

Un modèle à répéter pour d’autres écosystèmes ?

Cinq ans après le début du projet, les résultats sont déjà là : la nouvelle station d’épuration fonctionne depuis mai 2011 et la fin des travaux est prévue pour mi-2012. L’amélioration des conditions de vie des populations environnantes s’accompagne d’une réduction de la pollution organique et bactérienne dans la lagune. Ainsi, ce site à la biodiversité riche va enfin pouvoir se développer économiquement grâce au tourisme, entre autres.

© Karine Frouin

L’attrait particulier de ce projet réside dans la démarche concertée mise en place pour que tous les acteurs locaux participent à la préservation de leur milieu naturel. Au-delà des problématiques d’accès à l’eau et à l’assainissement, c’est toute une région qui s’inscrit dans une démarche pérenne et suivie de développement écologique et économique. Enfin, le succès du projet et les enseignements qui en seront tirés permettront de reproduire l’expérience dans d’autres espaces naturels à protéger.

Classé dans : Eau / Assainissement Les défis du développement Méditerranée et Moyen-Orient Spécial Eau
Mots-clefs :, ,


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*