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Et si l’on remettait l’humain au centre de l’économie?

Publié par Objectif Développement , le


La solidarité est-elle un secteur économique viable ? C’est la certitude des acteurs et militants de l’économie sociale et solidaire et du social business. En quoi consistent exactement ces initiatives et où peut-on les voir mises en œuvre ?

« L’entrepreneuriat social recouvre l’ensemble des initiatives économiques dont la finalité principale est sociale ou environnementale et qui réinvestissent la majorité de leurs bénéfices au profit de cette mission » expliquent Amandine Barthélémy et Romain Slitine, auteurs dans « Entrepreneuriat social, Innover au service de l’intérêt général ».

Différents courants, mais un même but ?

Il y a aujourd’hui trois courants d’entrepreneuriat social :

  • L’approche américaine, représentée par la fondation américaine Ashoka, pour qui l’entrepreneur social est avant tout une personne qui possède le potentiel d’instaurer de réels changements, qui s’inscrit dans une démarche de transformation et d’innovation.
  • L’approche européenne accorde une plus grande importance au projet social de l’entreprise, à sa gouvernance participative et à l’encadrement de sa lucrativité. Des critères économiques, sociaux et de gouvernance ont été définis par le réseau de chercheurs européens EMES . Ils  ancrent l’entreprise sociale dans une économie de ressources hybrides (financement publics et privés).Ces critères permettent aux entreprise de développer, en parallèle, à la fois des marchés classiques, sur lesquels ils touchent des dividendes et d’autre part des marchés non lucratifs prenant en comptent les pratiques et statuts de l’économie sociale et solidaire. C’est ainsi que fonctionne, par exemple Véolia.
  • L’approche « Social Business » définit entrepreneuriat social comme une réponse aux problèmes de pauvreté et de développement.  Les entreprises  se réclamant de ce courant n’attendent aucun retour de dividende. Leurs bénéfices sont systématiquement réinvestis pour continuer et participent au développement d’une économie sociale. Le professeur Yunus, à l’origine de cette approche, s’est vu décerner le prix Nobel de la paix pour la création du micro-crédit via la Grameen Bank en 2006.

Cette dernière approche a donné lieu à une autre branche nommée le « Bottom Of the Pyramide » (ou BoP, ou Bas de la pyramide), qui soutient l’idée qu’il y a un immense marché, tout en bas de la pyramide des besoins : les services essentiels. En cherchant à répondre aux nécessités de base que représentent les besoins physiologiques et les besoins de sécurité, les entreprises pourraient s’enrichir tout en résolvant les problèmes de pauvreté. A travers cette approche, Muhammad Yunus introduit l’idée « révolutionnaire » que « l’on peut vivre dans une économie de marché de manière non cupide ».

La créativité et l’autonomie comme levier social et économique

Dans chacune de ces trois approches, on retrouve un notion commune : la volonté de remettre l’humain et la solidarité au centre du système économique. Ces entrepreneurs dessinent donc une nouvelle vision de l’avenir économique et du développement.

Interview de Muhammad Yunus par liberation

« Au centre demeure la question de ce à quoi nous voulons que l’économie serve »

Olivier Maurel est porte-parole du fonds « Danone Communities », l’incubateur de social business financé par l’entreprise Danone. Objectif du fonds :  financer et développer des entreprises locales tournées vers le co-développement, et dont le modèle économique est pérenne.   »Au-delà de la définition stricte du Social Business que nous propose le Pr.Yunus, confie Olivier Maurel, même si les contextes sont différents selon les pays, les différentes « entreprises sociales » ont en commun d’intégrer fréquemment des acteurs publics et de se focaliser sur la recherche d’un impact social durable. Chaque social business réinvente des manières de faire. C’est une grande source d’innovations, qui ouvre de nouvelles voies pour de nombreuses structures (entreprise, ONG, investisseurs…). Les changements ne s’opèrent pas seulement au niveau des organisations : au centre, demeure la question individuelle de ce à quoi nous voulons que l’économie serve. »

« Pour le Pr.Yunus, nous avons tous une part d’altruisme en nous et une entreprise n’est pas seulement destinée à faire du bénéfice. Face aux défis des Objectifs du millénaire pour le développement, de nouvelles solutions doivent être explorées et c’est ce que nous essayons de faire avec Danone Communities… à notre mesure !  »

Un exemple entrepreneuriat social, solidaire et innovant : Microdon

 

Europe Tour – Paris – Microdon : helping NGOs get small donations. from MakeSense on Vimeo.

Du 19 au 21 septembre 2012, aura lieu le Forum mondial Convergences 2015, à Paris. Dédié aux Objectifs du millénaire et à la promotion de partenariats innovants en faveur de la lutte contre la pauvreté, cet événement est international : des experts et personnalités du monde entier y interviendront ! Nous vous proposons d’y participer en répondant à notre quiz sur Facebook…Ce ne devrait pas être trop difficile si vous avez bien lu cet article !

Tentez de gagner l’une des 10 places Convergences 2015 mises en jeu en participant à notre quizz sur Facebook !

+ Pour plus d’information sur les actions du Pr Yunus vous pouvez vous rendre sur le site du Grammen Creativ Lab.

+ Ainsi que sur le site de Danone communites.

+Toutes les informations sur le Forum mondial Convergences 2015 sur leur site.

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