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Convergences 2015: L’hybridation des profils, clé d’une économie solidaire et innovante ?

Publié par Objectif Développement , le

Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire de s’engager dans une ONG pour agir

A l’occasion du Forum Mondial Convergences 2015, nous avons assisté à une table ronde et un grand débat, portant sur l’économie sociale et solidaire :

« Quel rôle et quelles réponses de l’entrepreneuriat social et de l’économie sociale et solidaire face à la crise économique ? »
Avec comme intervenants :
-Stéphanie Goujon, Déléguée générale de l’Agence du Don en Nature
-Joël Grosjean, Président régional Centre Europe de la MACIF
-Thibault Guilluy, Directeur général de l’ARES
-Elisabeth Masse-Bourgain
Adjointe au maire, L’Ile-Saint-Denis / Présidente du Pôle d’hospitalité aux activité à rayonnement écologique et solidaire de l’Ile Saint-Denis.
-Arnaud Mourot, Directeur général d’Ashoka France-Belgique-Suisse

Grand débat : « Travailler pour une économie qui a du sens ».
Avec comme intervenants :
-Guillaume Chocteau, Délégué́ général del’organisation Ressources Solidaires
-Jean-Louis Jourdan, Directeur développement durable de la SNCF
-Mariana Losada, Responsable des relations internationales et des partenariats avec les entreprises à l’AMUE
-Emmanuel de Lutzel, Responsable microfinance à BNP Paribas
-Anne-Claire Pache, Professeur titulaire de la chaire philanthropie à l’ESSEC Business School

Plusieurs questions ont été soulevées. A l’issue de ces deux tables rondes, on a pu voir se dessiner  une volonté commune d’intégrer davantage l’innovation de l’économie sociale solidaire à l’économie traditionnelle, ce qu’on appelle l’hybridation des métiers et des approches .

L’innovation sociale est-elle le dernier avatar de l’économie pour lutter contre le défaitisme ambiant  et redynamiser le territoire?

Selon Arnaud Mourot, directeur général d’Ashoka , « il y a un intérêt croissant pour l’économie sociale et solidaire ces dernières années. Il faut populariser le concept d’entrepreneur social, pour mettre ces qualités d’innovation et cette volonté de changement au service des problèmes sociétaux. De fait, il y a un réel besoin d’entrepreneurs qui prennent des initiatives sociales pour sortir des cases établies par l’économie traditionnelle. »

« Cependant si les entreprises sociales sont souvent de véritables laboratoires d’innovations, elles sont confrontées  à des systèmes et des processus administratifs complexes, qu’elles ne peuvent ou ne savent pas gérer. »

« En parallèle, dans « l’économie dominante », il y a une gestion rodée de ces processus, mais un manque d’entreprises innovantes. Il y a donc un réel besoin de réunir ces deux univers. »

Instaurer une logique d’inclusion pour reconnecter l’économie sociale solidaire avec l’économie traditionnelle dominante?

« Il est temps de changer de regard sur l’entreprise pour basculer d’une logique d’exclusion à une logique d’inclusion », soulève Thibault Guilluy, Directeur général d’ARES (Association pour la Réinsertion Économique et Sociale).
« Il faut réfléchir aux valeurs et principes que l’on doit véhiculer dans les modèles de gouvernance, pour orienter le modèle économique vers une économie positive. L’économie solidaire est une économie d’empathie. Il est important de faire en sorte que l’économie traditionnelle intègre cette donnée et s’implique sur ce point ». En effet, selon l’intervenant, l’état providence montre ses limites.

Il lui est devenu nécessaire pour dépasser ses limites d’envisager le modèle économique de manière inclusive. Il y a donc à la fois un enjeu de conviction et un enjeu rationnel, à mettre en place un modèle d’économie « positive ». Il ne faut pas perdre de vue que le matériel principal d’une entreprise est la ressource humaine et qu’intégrer la donnée sociale n’est pas un frein économique, bien au contraire. Le dialogue entre entreprises classiques et sociales génère bel et bien du business.

Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire de s’engager dans une ONG pour agir

De plus en plus d’entreprises se lancent dans des projets de social business, tout en restant dans leur cœur de métier. De fait une hybridation des profils professionnels est en train de s’opérer. Les entreprises qui font cette démarche, tout comme les associations, souvent confrontées à de lourds processus administratifs, se mettent en quête des mêmes profils, qui mêlent à la fois « savoir-faire » et « savoir-être ». Dans les deux cas, la motivation seule ou la connaissance seule ne suffit plus.
Cette hybridation des profils professionnels et des approches économiques, apporte un nouveau regard sur l’économie et son mode de fonctionnement, elle crée de nouvelles opportunités. Changer d’échelle, en hybridant les approches, permet de s’extraire des a priori et de penser en dehors des cases établies, pour trouver de nouvelles ressources financières. Travailler à la mise en place de nouveaux partenariats entre le social business et le territoire existant offre la possibilité de renforcer la cohérence de l’ensemble et peut éviter à une entreprise de tomber dans du « social washing ». Par cette démarche, d’injecter du social business au sein de l’économie traditionnelle, on peut rééquilibrer le modèle de gouvernance en faveur du citoyen pour redonner envie d’entreprendre et permettre à chacun de se sentir concerné par l’économie créative.

 

Pour plus d’informations:

+ Le bilan du Forum Mondial sur le site de Convergences 2015.

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