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Genre et développementLes droits des femmes : au cœur des enjeux du développement

Publié par Objectif Développement , le

Les droits des femmes : au cœur des enjeux du développement

 

Le 10 janvier 2013, le ministre du Développement, Pascal Canfin, a reçu les recommandations de l’évaluation de la « stratégie française Genre et développement ». L’occasion de revenir sur le rôle clé des femmes dans les problématiques de développement.

Comme l’a rappelé récemment le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, «la réalisation des OMD dépend dans une grande mesure de l’autonomisation des femmes et de l’égalité d’accès des femmes à l’éducation, au travail, aux soins de santé et à la prise de décisions» .

Il a en effet été démontré à de nombreuses reprises (notamment par le Fonds des Nations unies pour la Population / FNUAP) que le taux de pauvreté diminue dans les pays où les rapports hommes/femmes sont les plus égalitaires et que le renforcement de l’action sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement 2 (accès à l’éducation), 3 (égalité des sexes) et 5 (santé maternelle) a un effet levier décisif sur l’avancée des autres OMD.

Un cercle vertueux

Les experts du développement constatent l’existence d’un «cercle vertueux» :

- la réduction des inégalités et la promotion des droits des femmes (OMD 3) engendrent une amélioration de l’accès des femmes à l’éducation (OMD 2), la formation et la santé (OMD 4, 5 et 6).

- L’accès à l’éducation et à la santé ouvre un meilleur accès aux ressources économiques (capital, terre et infrastructures), favorisant la croissance et le développement.

- L’éducation des femmes permet l’avancée des droits sexuels et reproductifs (OMD 5) : utilisation de moyens de contraceptions, choix du moment des naissances… (200 millions de femmes dans le monde en développement ont plus d’enfants qu’elles n’en désirent car elles n’ont pas accès à la contraception).

- La scolarisation des mères a un impact direct sur la scolarisation et la performance scolaire des enfants, ainsi que sur leur santé (OMD 4) et leur alimentation.

- Enfin, une plus grande participation des femmes aux espaces de gouvernance démocratique et économique, et le renforcement de leur rôle politique accompagnent et consolident ces acquis dans la durée.

Une priorité pour la nouvelle stratégie

Le rapport, remis au ministre par Danielle Bousquet, présidente du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, et Christine Lazerges, présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, recommande le renforcement de la prise en compte du genre dans les politiques françaises de développement.

M. Canfin a indiqué que l’égalité d’accès des femmes et des hommes aux politiques d’aides au développement et la lutte contre les discriminations de genre feront partie des priorités de la nouvelle stratégie. Une attention particulière sera notamment prêtée aux jeunes filles, particulièrement affectées par les précarités, afin qu’elles soient intégrées à l’espace socio-économique au même titre que les jeunes hommes.

La France soutient de nombreux programmes en faveur des femmes : autonomisation économique, scolarisation des filles, accès aux services de santé sexuelle et reproductive, lutte contre la mortalité maternelle et infantile, lutte contre les violences de genre en partenariat avec les Nations unies (ONU Femmes, UNICEF, Fonds des Nations unies pour la Population) et des organisations non gouvernementales.

L’Agence Française de Développement s’attache à prendre en compte la problématique de genre, tant dans son fonctionnement interne que dans ses activités opérationnelles. Elle est engagée pour la mise en œuvre de la Convention des Nations-Unies sur l’élimination de toute forme de discriminations envers la femme. L’AFD a lancé une réflexion interne pour renforcer l’efficacité de ses opérations en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Des événements prévus en 2013, comme le Forum des femmes francophones ou la réunion de l’Union pour la Méditerranée consacrée au rôle des femmes dans la société, témoignent de la volonté de la France d’intégrer toujours plus l’approche de genre dans ses politiques de développement.

Pour mener à bien cette ambition, le ministre a lancé le 10 janvier la concertation pour le renouvellement de la stratégie française de genre et développement qui sera réalisée dans les prochains mois en lien avec les représentants de la société civile, de l’Agence Française de Développement et de France expertise internationale.

M. Canfin a également annoncé le financement d’un prochain programme pluriannuel visant à l’autonomisation économique des femmes dans plusieurs pays du monde arabe.

 

Discriminations envers les femmes dans le monde
Les femmes effectuent 66% des heures de travailet produisent 50% des richesses nationales, pourtant elles ne possèdent que 2% des terres et reçoivent moins de 5% des prêts bancaires.55% des enfantsqui ne sont pas scolarisés sont des filles.>2/3 des 776 millions d’analphabètesdans le monde sont des femmes.Le taux de mortalité maternelleen Afrique est 150 fois plus élevé qu’en Europe.50% des plus de 15 ans contaminés par le VIH/SIDA dans le monde sont des femmes.

70% des personnes qui souffrent de la faim ou de malnutrition dans le monde sont des femmes ou des jeunes filles.

Seulement 14 femmes sont à la tête d’un pays ou d’un gouvernement dans le monde.

Seulement 13 des 500 plus grosses entreprises au monde ont une femme à leur tête.

Tous les États africains (sauf le Soudan et la Somalie) ont ratifié la Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes.

Cependant, 8 d’entre eux ont émis des réserves à la convention et 35 n’ont pas ratifié le Protocole facultatif qui ouvre droits aux recours individuels des femmes dont les droits ont été violés.

Si l’égalité s’inscrit certes désormais dans la plupart des constitutions et que de nombreuses lois inégalitaires ont été révisées (code de la famille, du travail et électoral), la mise en œuvre de ces réformes n’est pas toujours effective et les coutumes sont trop souvent invoquées pour justifier des pratiques discriminatoires.

Source : MAE

 

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