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[Livre d'or] « S’engager pour une cause plus grande que soi, c’est porter un message d’amour et d’humilité. »

Publié par Objectif Développement , le

L’exposition photo Objectif Développement s’est installée samedi 23 à Yaoundé, troisième et dernière étape de sa tournée africaine, pour y resterjusqu’au 1 avril.  De nombreux visiteurs se sont déjà déplacés, voici quelques uns de leurs témoignages.

 

Aubin et Eunice, jeunes lycéens, ont tous deux été marqués par la réalité des conditions sanitaires mais aussi par leur progrès :

Eunice, lycéenne à Yaoundé

Eunice : « L’AFD a favorisé la prise en charge des mères et des bébés grâce au forfait obstétrical. Elle a donc contribué à améliorer les conditions de vie du peuple mauritanien. Cette image est douloureuse car elle montre le bébé mort-né. Cependant, on se dit que sans un accouchement médicalisé, on n’aurait pas pu sauver la mère. »

Aubin, lycéen à Yaoundé

Aubin : « J’ai été très impressionné par l’histoire de Mariam. Grâce au forfait obstétrical, les médecins ont détecté un problème avant son accouchement. Ils ont pratiqué une césarienne pour faire naître l’enfant. Celui-ci est décédé… Cependant, comme on le voit sur cette photo, l’opération a permis de sauver sa mère, qui souffrait d’une hémorragie interne.  »

Constance, assureur

Constance souligne l’importance du travail pour les jeunes mères célibataires et leur épanouissement : « La création de ces better factories est une excellente initiative pour l’emploi des femmes. Au Cameroun, il serait bon d’ouvrir une usine comme celle-là. Cela pourrait être notamment une solution pour les jeunes mères célibataires qui sont souvent exclues du marché du travail. Si l’usine leur proposait également un mode de garde pour leurs enfants, elles pourraient accéder à un emploi décent et s’épanouir en dehors de la maison. Dans notre pays, il y a de plus en plus de filles-mères. Or élever seule son enfant tout en travaillant est un défi. Je le sais car je suis passée par là. Aujourd’hui, mon fils est magistrat, en province. »

Landry et Stéphanie, lycéens de Yaoundé, ont été touchés par les inquiétudes et les solutions apportées aux futures mères :

Landry, lycéen à Yaoundé

Landry : « Cette femme bénéficie d’un suivi dans le cadre de sa grossesse, grâce au forfait obstétrical mis en place en Mauritanie. Elle est sur le point d’accoucher et elle va connaître des complications. Elle le sait car on le lui a dit, et elle a l’air préoccupé sur cette photo, se préparant à ce qui va arriver. Ca m’a beaucoup touché. J’ai imaginé ma mère ou ma sœur dans une telle situation.  »

Stéphanie: « Cette photo m’a beaucoup intéressée. La majeure partie des femmes africaines ne sont pas prises en charge pendant leur grossesse. Beaucoup sont en danger, accouchant dans des lieux qui ne sont pas équipés. En voyant ces mères qui, grâce au forfait obstétrical, bénéficient d’un meilleur suivi, je ressens de la joie. Je sais que cela améliore leurs chances de survie.»

Alain-Nestor, professeur de physique

Alain-Nestor, professeur de physique, encourage l’implication de chacun dans des projets locaux : « La photo qui m’a le plus marqué, et qui a également impressionné mes élèves, est celle d’un maire qui, en Indonésie, se mobilise contre la déforestation : on le voit en train de reboiser la forêt, détruite illégalement par des producteurs d’huile de palme. Il est sorti de son bureau, a tombé la chemise. Il s’engage pour une cause plus grande que lui. Il porte un message d’amour et d’humilité. On aimerait que les hommes politiques dans leur ensemble s’investissent ainsi pour le développement durable. »

Emilie, ingénieur

Emilie, interpellée par le taux de mortalité maternel et infantile : « C’est la partie de l’exposition qui m’a le plus touchée. J’ai eu un petit garçon il y a huit mois. Résidant au Cameroun, j’ai choisi d’accoucher en France et je sais que c’est une chance d’avoir eu ce choix. Face à cette photo, je mesure le fossé qui sépare les conditions d’accouchement en France et au Cameroun, où il existe peu de lieux correctement équipés. Je suis interpellée par le taux de mortalité maternel et infantile, trop élevé en Afrique, et salue les initiatives propres à le faire reculer. J’ai le cœur serré quand des personnes de mon entourage me confient ne pas pouvoir opérer un enfant, par exemple d’une hernie ombilicale, faute d’avoir rassemblé les fonds nécessaires. »

Gilbert, social entrepreneur

Gilbert, entrepreneur social, souligne la créativité et les efforts des agriculteurs guinéens : « Cette photo est celle qui m’a le plus intéressé, car elle témoigne de la créativité et de l’engagement de jeunes gens. Ces Guinéens ne ménagent pas leurs efforts pour s’emparer de la technique héritée d’Asie (alternance d’entrée d’eau de mer et d’eau douce dans les parcelles) que les experts de l’AFD leur ont enseignée afin de produire le riz bio de mangrove. Et je me dis qu’idéalement il faudrait aller encore plus loin. Ne pourrait-on pas leur proposer de meilleures conditions de travail ? On voit deux d’entre eux patauger dans la boue, armés d’outils qui semblent anciens. »

Ngala, journaliste

Ngala, journaliste, attentif aux problèmes du quotidien, révélateurs de futurs problèmes mondiaux: « Cette photo est celle que j’ai trouvé la plus représentative des problèmes quotidiens rencontrés par les Africains. Ces deux femmes effectuent des kilomètres sous un soleil de plomb pour aller chercher l’eau dont elles ont besoin. Il faut savoir que seuls 25% des habitants du Cameroun ont accès à l’eau potable, et que de nombreuses femmes parcourent ainsi chaque jour un long et pénible chemin pour s’approvisionner. J’ai lu dernièrement un essai qui m’a beaucoup intéressé : selon l’auteur, s’il devait y avoir une troisième guerre mondiale ce serait une guerre de l’eau. Régénérer nos sources d’eau douce devrait être une priorité absolue. Aujourd’hui, 90% de l’eau du Lac Tchad s’est évaporée. A cause du réchauffement climatique, mais aussi de l’assèchement de la rivière qui l’approvisionnait, détournée en amont pour pratiquer l’irrigation des terres agricoles. Or 30 millions de gens sont affectés par l’assèchement du lac Tchad, dans toute la région. »

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En savoir plus :

+ Le programme de l’exposition à Yaoundé.
+ Tout sur l’exposition « Nouveaux regards sur le Sud », reportages photo et vidéos.
+ En savoir plus sur l’action de l’Agence Française de Développement au Cameroun.

 

 

 

 

 


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