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[Livre d'or]Ils n’ont pas la langue dans leur poche, les Camerounais…

Publié par Objectif Développement , le

Parmi les nombreux visiteurs de l’expo, certains ont donné leur point de vue sur le développement du Cameroun : ce qui lui manque, ce qu’il a en trop… un regard passionné et critique sur leur pays. Extraits.


« La finalité est d’atteindre le bonheur ! »

Chounna

« Le développement intervient après une prise de conscience qu’il faut améliorer la situation individuelle ou collective d’une communauté. La finalité est d’atteindre le bonheur ! Notre pays veut se développer, mais nous ne sommes qu’au début. Il faut que le Cameroun donne au secteur privé toute la place qui doit être la sienne dans une économie car c’est ce secteur qui créé des richesses, l’Etat ne doit être qu’un facilitateur des acteurs économiques et se concentrer sur ses fonctions régaliennes. Je m’inquiète de l’influence des structures religieuses qui se multiplient : elles empêchent la population de réfléchir sur comment vivre ensemble, dans la solidarité. La France peut encore beaucoup nous apporter, notamment des transferts de technologies. De plus, contrairement aux Chinois, nous connaissons la culture des français, ce qui facilite les échanges. La France et le Cameroun doivent donc poursuivre leur coopération. »
Chounna Jean, 64 ans, économiste

 

« Le Cameroun doit mettre l’accent sur la préservation des traditions »

Alfonse

« Le développement, c’est progresser tout en usant de manière responsable les atouts (forêts, eau, environnement) dont on dispose et mettre en place les infrastructures qui améliorent les conditions de vie de la population. Pour se développer durablement, le Cameroun doit mettre l’accent sur la préservation des traditions : en effet, les communautés avaient des modes de vie respectueux de l’environnement. Elles les ignorent désormais, c’est pourquoi il faut les leur aider à s’en rappeler.
Objectif Développement est une action de communication pertinente car cette institution était peu connue ici. Avec cette exposition, les Camerounais vont avoir une perception différente de la France : on apprend qu’elle contribue à améliorer les conditions de vie de la population. Enfin, merci à l’AFD de l’avoir rendue gratuite car toutes les couches sociales ont eu l’opportunité de s’y rendre, et pas seulement les élites ! »
Alfonse, 30 ans, doctorant en droit

 

« Avec seulement 17 euros… »

Louis

Cette exposition est l’occasion de trouver l’inspiration, à travers des exemples de projets dans d’autres pays. Mon module préféré est celui de la Mauritanie, car la santé est un secteur prioritaire et qui concerne tout le monde. Avec seulement 17 euros, on peut atteindre des résultats importants ! Cela donne espoir ! Pour développer un pays, il faut investir dans la créativité et l’innovation et rendre la population A quoi cela sert de construire une infrastructure si on ne l’entretient pas ? Le développement doit viser toutes les classes sociales. Le Cameroun s’est doté d’une feuille de route, on fera le bilan en 2035. Cependant, le Cameroun ne se développera que s’il investit dans les secteurs de l’éducation, notamment l’enseignement professionnel, et de la santé. Enfin, il faut que les postes soient occupées par des personnes compétentes. Si une personne ayant étudié l’agronomie obtient le poste de Ministre des Finances, il obtiendra des résultats médiocres, ce qui freinera l’émergence du pays. »
Louis, 24 ans, étudiant en sciences politiques et philosophie


« Avant, j’étais indifférent… »


Saïd

« Cette exposition me donne beaucoup d’émotions. Je découvre des choses que j’ignorais et d’autres que je savais,  mais face auxquelles j’étais indifférent. Ce qui m’a le plus intéressé est le module sur la Guinée car avec ce type de projet le pays regagne de l’autonomie alimentaire. Le développement est pour moi assurer le bien-être sur les plans économique et social et ainsi permettre à chacun d’être heureux. Car c’est bien le bonheur que chacun d’entre nous cherche ! Le Cameroun se développe mais la population n’est pas assez impliquée. L’Etat devrait nous consulter davantage pour ne pas mettre en place des projets qui ne répondent pas à nos besoins. Un problème majeur de mon pays est la mauvaise gouvernance, étroitement liée à la mentalité de la population. Les Camerounais doivent être patriotiques : on doit prendre des décisions en pensant non pas à son intérêt personnel, mais aux générations futures. »
Alfonse, 30 ans, doctorant en droit

 

« Je suis optimiste quant au développement de mon pays »


Edjoa Akoa

« Le développement est un processus qui permet d’améliorer le quotidien de l’homme. Je suis optimiste quant au développement de mon pays. Cependant, cela nécessite un éveil des consciences : c’est en prenant réellement conscience de cet état de pauvreté qu’on identifiera les problèmes, trouvera les solutions et mettra en place une vraie stratégie de développement ! »
Edjoa Akoa, chef du centre multifonctionnel de la promotion des jeunes du ministère de l’Education et de l’Education civique



« Il faut donc qu’on ait confiance les uns envers les autres »

« Pour moi, le développement, c’est éliminer la misère pour que chacun puisse vivre heureux. Il faut donc qu’on travaille davantage ensemble et qu’on ait confiance les uns envers les autres. En s’entraidant, on pourra surmonter les obstacles qui se trouveront sur notre chemin. Le Cameroun doit se développer car aujourd’hui trop de gens souffrent car ils n’ont pas accès à l’eau ou à l’électricité. »
Ntyam Martel Guilou, collégien

 

« Le développement n’est pas un miracle »


Charles

« L’exposition me fait voyager à travers le monde : J’ai réalisé que le développement n’est pas un miracle, mais se réalise à partir d’une idée qui est mise en place par un individu, soutenu par une communauté de personnes. Pour répondre aux problèmes, il faut donc trouver des solutions et les mettre en place. J’ai beaucoup aimé les photos mettant en avant la famille car c’est la base d’une société et c’est pour la famille que nous travaillons. Le développement, c’est l’essor social, économique et culturel d’un territoire. La finalité est de vivre en harmonie, dans l’aisance et surtout en sécurité. Le Cameroun se développe à pas de mille-pattes ! Pour accélérer le développement de notre pays, nous devons renforcer l’éducation et ceci pour tous, y compris les parents : ceux-ci ne comprennent pas les enfants qui vivent dans une nouvelle société.Nous devons récompenser les meilleurs : trop de personnes sont sélectionnées non pas sur leurs compétences mais en raison de leurs relations. Les Camerounais doivent consommer local, aussi bien sur le plan économique que culturel, par exemple la musique. »
Charles, 22 ans, étudiant en géologie

« Il faut qu’on arrête de dépendre des autres »

Dora

« Pour moi, le développement, c’est quitter un état de misère pour atteindre un état d’amélioration des conditions de vie. Le Cameroun se développe,  mais pas à la vitesse que nous le souhaiterions. L’accent doit être mis sur le développement de l’agriculture afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Pour avancer, notre pays doit également supprimer la corruption et rétablir le mérite : beaucoup de Camerounais ont des potentialités, mais ne peuvent pas se réaliser dans ce système. Enfin, il faut qu’on arrête de dépendre des autres. Pourquoi avons-nous besoin des Chinois pour l’extraction de nos diamants ? Nous devons acquérir la technologie, nous former et ainsi de devenir de réels ACTEURS  de notre développement. Ceci créera de l’emploi local et nous tirerons également le maximum de bénéfices pour les réinvestir sur notre territoire. »
Dora, 23 ans, étudiante en communication


« Si j’étais Président, mes trois priorités seraient… »


Ahmadou

« Pour moi, le développement, c’est un processus qui va permettre à la population d’atteindre un standard de vie acceptable, ce qui nécessite d’investir dans l’éducation et la santé. Il faut également se préoccuper des infrastructures, notamment routières. Au Cameroun, de nombreux bassins agricoles ne se développent pas car les agriculteurs ne peuvent pas acheminer leur production faute de route. Si j’étais Président, je me fixerais 3 priorités : 1) lutter contre la corruption ; 2) augmenter les salaires, ce qui créerait de la consommation et donc de l’emploi ; 3) vendre l’image du Cameroun à l’extérieur. »
Ahmadou Abdournaman, 28 ans, fonctionnaire

 

« Nous devons davantage transformer nos produits »


Joël

« Le développement, c’est améliorer les conditions de vie les plus simples. L’agriculture s’est beaucoup développée ces dernières années et nous devons poursuivre ces efforts. La prochaine étape est le développement du tertiaire : nous devons transformer nos produits. Enfin, tous les Camerounais doivent pouvoir bénéficier de soins de santé et d’une éducation de qualité. »
Joël, 25 ans


« Plus d’éthique, de formation et de santé »


Marc

« Objectif Développement est une très belle exposition : elle me permet de m’enrichir de l’expérience des autres pays et ainsi de me donner des idées. On se rend compte que les réalités sont les mêmes partout ! Le développement est pour moi un changement d’états et le dernier est celui du bien-être. Le Cameroun se développe, mais à sa vitesse. Comme beaucoup de personnes occupent des postes pour lesquels elles ne sont pas compétentes, le développement est ralenti. Si le Cameroun veut vraiment se développer, on doit  investir dans la formation professionnelle et la santé car les gens ne vont pas à l’hôpital du fait de sa qualité.
Les mentalités doivent également changée : il faut « laver les cerveaux » et introduire des cours d’éthique à l’école !  »
Marc, 48 ans, généalogiste


« Le développement, c’est la capacité à accéder à la grandeur »


Stéphane et une amie

« Le développement, c’est la capacité à accéder à la grandeur sur plusieurs plans : éducatif, matériel, économique… La finalité est d’améliorer les conditions de l’Homme sur terre. Avec les projets économiques structurants que le gouvernement a mis en place ces dernières années (barrages, routes, ponts…), le Cameroun est sur la bonne voie pour atteindre son objectif de « Cameroun émergent en 2035 » !Pour accélérer ce développement, il faut que les Camerounais changent de mentalité : penser collectif, car pour l’instant, ils pensent trop à leurs poches personnelles ; développer l’esprit du travail et le sens de l’effort personnel ; avoir l’esprit de créativité ; et enfin ne jamais se décourager ! »
Stéphane Betsi, 25 ans, étudiant à l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé

Classé dans : Autour de l'expo Livre d'or


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