Le Mag

Nahal Tajadod, une étonnante voyageuse à découvrir !

Publié par Objectif Développement , le

L’AFD est partenaire du festival du livre et du film Etonnants Voyageurs, qui aura lieu à Saint Malo du 18 au 20 mai. A cette occasion, l’agence présente un programme spécifique et présentera notamment la gagnante du prix littéraire AFD 2013, Nahal Tajadod avec son roman « Elle joue ».
A cette occasion, nous lui avons posé quelques questions sur son roman et l’Iran son pays de coeur…

En quelques mots, pouvez-vous nous dire de quoi parle votre roman « Elle joue » qui a obtenu le prix littéraire AFD ?

Le roman est un face à face entre deux femmes. L’une écrit, l’autre joue. Elles sont toutes les deux iraniennes, mais l’une -celle qui écrit- est née avant la Révolution islamique de 1979, et l’autre, la comédienne, après.

Elles n’ont pas les mêmes souvenirs. Le passé de l’une, de la plus âgée, est peut-être l’avenir de l’autre. Mais quelque chose les sépare à jamais. Un peu plus de vingt ans : tout un monde. L’Iran de la comédienne, l’Iran de l’écrivaine, deux pays. Deux réalités qui se distinguent, mais qui par moments se superposent, qui voudraient peut-être se rapprocher, se réunir, se confondre,.

Un miroir, évidemment. Conversation avec le miroir.

De quel personnage du livre vous sentez-vous la plus proche ?

Je suis une des deux femmes, celle qui écrit. Tandis que la comédienne parle de son enfance, de la difficulté permanente d’exercer son métier malgré la censure et les interdictions, je me rappelle mon propre Iran, un Iran où je pouvais me promener sans foulard, en minijupe et manches courtes.

Quel est le principal message que vous souhaitez faire passer à vos lecteurs ?

Un roman, celui-ci ou un autre s’inspire d’une réalité, ou de plusieurs réalités. Mais il les dépasse vite, et il les oublie. À travers les aventures de la comédienne, la romancière essaie d’écarter les masques et cherche une autre vérité, plus secrète, plus profonde. Peu importe ici ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas : c’est cette vérité-là qui compte, celle que partagent deux femmes au milieu des pièges incompréhensibles qu’elles essaient d’éviter.

Peu à peu, elles voient qu’elles se rapprochent, parfois, même elles se confondent, elles parcourent le même territoire, les mêmes doutes, le même combat et, plus puissant que tout, le désir de dire.

A l’aube de la nouvelle élection présidentielle, quel avenir souhaitez-vous aujourd’hui pour l’Iran ?

De mes études chinoises, je retiens le précepte confucéen d’un souverain qui ne peut gouverner que s’il est lui-même droit, digne d’être un exemple et une norme pour ses sujets. C’est cette rectitude, cette exemplarité dans la personne même du souverain qui lui permet de s’imposer comme tel, qui justifie son pouvoir et son autorité.

Prophète perse, Zoroastre pense de même. Il préconise la bonne parole, la bonne pensée et la bonne action.

Polyglotte et spécialiste de la Chine et du bouddhisme, on peut dire de vous que vous êtes ouverte sur le monde…Que représente pour vous l’obtention du prix littéraire AFD ?

Un des personnages du livre -sinon le principal- est l’Iran, regardé de loin et aussi de près, de très près. Qu’ »Elle joue » reçoive le prix littéraire AFD est une manière très gracieuse de boucler la boucle d’un projet littéraire conçu par deux Iraniennes, vivant en France et rêvant avec amour de leur pays d’origine.

Pour en savoir plus :

+ Le programme de l’AFD au festival Etonnants Voyageurs + gagnez votre place pour le festival
+ Le site du festival Etonnants Voyageurs

Classé dans : L' AFD Les défis du développement Médias
Mots-clefs :,


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*