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[interview] François Jullien : « Nos projets pastoraux génèrent de la paix au Sahel »

Publié par Objectif Développement , le

Quels sont les liens entre l’élevage nomade, la sécurité et le développement au Sahel ? Jusqu’au 29 mai, se tient à N’Djamena le colloque régional sur l’élevage pastoral dans les espaces sahélo-sahariens, organisé par l’AFD, le Club du Sahel (OCDE) et le gouvernement tchadien. En pleine crise du Mali, ce colloque vise à valoriser la contribution du pastoralisme au développement et à la sécurité du Sahel. Éclairage par François Jullien de Division Agriculture, développement rural et biodiversité de l’AFD.

Quels sont les liens entre l’élevage nomade, ou pastoralisme et développement durable ?

Depuis 20 ans, l’AFD soutient les systèmes pastoraux au Tchad par des créations de puits le long des pistes de transhumance avec en ligne de mire le développement durable.
Le développement, tout d’abord, puisque des mesures ont montré que le système d’élevage mobile que nous contribuons à renforcer est beaucoup plus  productif que les systèmes sédentaires longtemps privilégiés par les bailleurs de fonds. Mais il est également très performant sur le plan environnemental : la fréquentation des lieux par des troupeaux permet d’améliorer la repousse des pâturages, notamment grâce à l’engrais produit par les excréments des bêtes.

Comment le soutien au pastoralisme contribue-t-il à la sécurité du Sahel ?

En ce qui concerne la sécurité alimentaire, la mobilité qui est favorisée permet le repli rapide des animaux en cas de sécheresse, améliorant ainsi la résilience des hommes et des troupeaux.
Pour ce qui est de la sécurité tout court, créer de la valeur (revenus) et de l’emploi dans un espace très vaste, délaissé par les bailleurs de fonds et les administrations locales, limite l’engagement des populations dans des groupes armés ou de narcotrafiquants. Enfin, la création de structures de dialogue entre parties prenantes, dont s’assortissent nos projets, consolide le tissu social et renforce la complémentarité entre le nord (pastoral) et le sud (agricole) du pays. On peut donc dire que nos projets pastoraux génèrent de la paix : cela justifie pleinement notre investissement dans ce secteur.

Ces projets mis en place au Tchad pourraient-ils être reproduits dans d’autres pays ?

L’idée de ce colloque international est de montrer que ce type d’intervention d’hydraulique pastorale pourrait être utilement multiplié, sous des formes adaptées, dans l’arc soudano-sahélien (notamment au Mali). Les systèmes pastoraux mobiles ont donc, contrairement à certaines idées reçues, de l’avenir. Ils peuvent être consolidés et modernisés par des investissements judicieux et des appuis appropriés.

En savoir plus :
+ Toutes les infos sur le colloque sur le site de l’OCDE


 

 

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Une réponse à "[interview] François Jullien : « Nos projets pastoraux génèrent de la paix au Sahel »"

  1. je veux un appui (prêt) ou subvention avec suivi pour opérationnaliser mon projet agro pastorale.